Un scientifique travaillant dans un laboratoire

Ouvrir de nouveaux horizons à la R&D en oncologie

Sanofi intensifie ses efforts en oncologie et les concentre sur des découvertes récentes

Grâce aux avancées réalisées dans une multitude de domaines, de la génétique aux anticorps, les chercheurs ont accompli d’immenses progrès ces dernières années dans le développement de nouveaux traitements contre des maladies graves et de nouveaux mécanismes d’administration des médicaments. Pourtant, dans le domaine du cancer, les chercheurs commencent tout juste à découvrir les moyens les plus prometteurs de s’attaquer à ce qui constitue la deuxième cause de mortalité dans le monde.

 
Portrait de John Reed, MD, PhD, Global Head of Research & Development

John Reed, MD, PhD,

Responsable Monde Recherche & Développement

« En oncologie, les besoins non satisfaits sont immenses. L’incidence du cancer est extrêmement élevée. Près de la moitié d’entre nous développera un cancer au cours de notre vie. Les besoins sont par conséquent considérables et nous sommes tous concernés. »

Même si des progrès significatifs ont été accomplis dans sa prise en charge et que de plus en plus de thérapies ciblant des types spécifiques de tumeurs sont désormais disponibles, les succès les plus notoires se sont limités à quelques formes de cancer seulement. Pour certains des cancers les plus fréquents et les plus dangereux comme ceux du sein, du côlon et de la prostate qui, ensemble, touchent plus de cinq millions de personnes selon l’Organisation mondiale de la Santé, les traitements n’ont pas connu une évolution aussi rapide.

Afin de répondre à ces besoins non satisfaits, Sanofi a réalisé des investissements significatifs dans la recherche en oncologie. Les résultats : au cours de l’année qui vient de s’écouler, une augmentation sensible du budget et des effectifs dédiés à la R&D en oncologie, assortis de quelques acquisitions et partenariats ciblés, qui donnent à l’entreprise l’accès à de nouvelles technologies et outils pour développer des traitements anticancéreux innovants.

Bâtir un arsenal plus conséquent

L’importance accrue accordée à la R&D en oncologie intervient à un moment où la science « s’est considérablement enrichie », souligne John Reed, tant et si bien que les recherches menées aujourd’hui sont radicalement différentes de ce qu’elles étaient il y a seulement 10 ans. Une meilleure connaissance de la génétique de différents cancers, l’émergence des « inhibiteurs de checkpoint » qui aident le système immunitaire à vaincre les mécanismes de défense des tumeurs, et les progrès majeurs réalisés dans les mécanismes d’administration ont en effet considérablement élargi le champ des possibles pour les chercheurs.

« Nous continuons de bâtir un arsenal plus diversifié de thérapies contre le cancer, allant des petites molécules aux anticorps de nouvelle génération, en passant par les cytokines (petites protéines qui agissent sur le système immunitaire) », explique-t-il. « Nous recherchons de nouvelles méthodes de s’attaquer aux cibles ainsi que différentes modalités, comme les virus oncolytiques qui pourraient permettre de stimuler une réponse immunitaire face à la tumeur. »

Infographie à propos des modalités en oncologie 

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S’attaquer au cancer sur tous les fronts

La recherche en oncologie chez Sanofi se divise en deux grandes disciplines : l’immuno-oncologie, qui cherche à mobiliser le système immunitaire pour localiser et s’attaquer aux tumeurs, et l’oncologie moléculaire qui consiste à développer des médicaments pouvant être administrés directement dans certaines tumeurs ou cibler les récepteurs situés à leur surface.

En oncologie moléculaire, l’accent est mis sur la médecine de précision qui revient à identifier les mutations génétiques dans la tumeur, de manière à développer des médicaments ciblant spécifiquement ces mutations. Armés de connaissances de plus en plus nombreuses sur le génome humain, les scientifiques recherchent les biomarqueurs les plus aptes à identifier ces mutations, ainsi que de nouvelles techniques pour les réparer.

En immuno-oncologie, les recherches les plus prometteuses portent sur les inhibiteurs de checkpoint immunitaires PD-1 et PD-L1, une classe de médicaments conçus pour empêcher la tumeur de neutraliser le système immunitaire. De nombreuses tumeurs produisent des quantités excessives de récepteurs qui interfèrent dans la modulation de l’activation des cellules immunitaires et « neutralisent » ainsi le système immunitaire. Les inhibiteurs de checkpoint bloquent ces récepteurs, de sorte que le système immunitaire puisse accomplir sa fonction.

Une nouvelle ère pour le traitement du cancer par anticorps

Le développement d’anticorps bispécifiques et trispécifiques, qui sont des protéines capables d’atteindre plusieurs cibles simultanément, constitue un développement important. Parce que les cancers sont des maladies complexes et qu’ils ont plusieurs mécanismes de défense, les traitements monocibles ont souvent un effet limité et temporaire. La capacité de multiplier les cibles donne aux chercheurs de meilleures chances d’éliminer les tumeurs.

La découverte des « nanobodies », dix fois plus petits que les anticorps conventionnels, constitue un autre développement intéressant. Parce qu’ils sont si petits, il est possible de les relier entre eux comme les perles d’un collier, ce qui leur permet de mieux pénétrer dans le microenvironnement de la tumeur, ce dont sont incapables les anticorps ordinaires, trop volumineux. Sanofi a fait l’acquisition de cette technologie l’an dernier, suite au rachat d’Ablynx -- l’entreprise qui a été la première à les développer.

En combinant les solutions à base d’inhibiteurs de checkpoint aux progrès réalisés dans le développement des anticorps, les chercheurs devraient être en mesure, non seulement de développer des traitements anticancéreux plus efficaces, mais aussi de contrôler plus efficacement leur application.

« Dans les cinq à dix prochaines, je pense que nous allons voir apparaître une nouvelle génération d’immunothérapies anticancéreuses, plus performantes encore que les inhibiteurs de checkpoint », souligne-t-il. « Nous allons trouver les moyens d’introduire des cellules immunitaires dans les tumeurs de manière à lever les freins qui immobilisent le système immunitaire et lui permettre d’accomplir sa fonction. Les patients répondront de la sorte plus durablement au traitement qui leur est administré. »

Présentation de données au Congrès de 2019 de l’ASCO

John Reed s’attend à ce que la nouvelle génération d’anticorps et d’inhibiteurs de checkpoint soit au cœur des débats du prochain Congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology qui se tiendra à Chicago à la fin du mois de mai. Il espère également assister à des présentations sur des associations thérapeutiques à base d’inhibiteurs anti-PD-1 ou PD-L1 afin d’améliorer les taux de réponse qui aujourd’hui plafonnent autour de 20 %-30 %.

Dans le cadre de ce congrès, Sanofi présentera les premières données des essais pivots de phase III consacrés à son anticorps anti-CD38 expérimental, qui a donné des résultats cliniques prometteurs en association avec un traitement standard, chez des patients atteints de myélome multiple n’ayant pas répondu à un traitement de première ligne. Sanofi présentera également des relevés sur de nouveaux traitements par voie orale du cancer du sein métastatique, ainsi que sur un anti-CEACAM-5 dans le traitement du cancer du poumon non à petites cellules, non épidermoïde.

Des partenariats pour améliorer le potentiel du portefeuille

Sanofi fait fond sur son portefeuille existant de traitements et de technologies, tandis que les efforts renouvelés dans les deux domaines précités de la R&D en oncologie suivent leur cours dans les laboratoires et dans le cadre d’études. Les recherches sur les nanobodies se poursuivent, au même titre que les projets consacrés spécifiquement aux indications hématologiques, au myélome et aux cancers du poumon, ainsi qu’au récepteur des œstrogènes par voie orale, développé en interne pour le traitement du cancer du sein. Les anticorps bispécifiques et trispécifiques constituent déjà une plateforme essentielle dans les laboratoires et les efforts se poursuivent pour développer la technologie des nanobodies.

Pour faire avancer la recherche, il est essentiel de travailler avec des partenaires dans le cadre de projets qui cherchent à trouver le moyen de renforcer l’efficacité des inhibiteurs de checkpoint chez les patients qui n’y répondent actuellement pas suffisamment. Il y a également la question des lymphocytes T (l’une des principales armes du système immunitaire), qui doivent être renforcées face aux tumeurs qui ont développé des résistances contre ces cellules.

« Même avec les ressources dont dispose une entreprise comme Sanofi, les partenariats restent très importants car, pour lutter contre le cancer, il faut souvent des traitements combinés multicibles », explique John Reed. Lorsque les cellules cancéreuses mutent, elles peuvent devenir résistantes à un traitement ou à un autre. L’objectif est donc de « compléter nos propres molécules, tout en évitant le chevauchement des toxicités, de la même manière que pour certaines maladies virales, qu’il est ensuite possible de vaincre avec des traitements combinés. »

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