Women@Sanofi



Conversation avec…Helena Yang, Responsable Global, Développement organisationnel, Chief Talent Office Team

Women@Sanofi rend hommage aux femmes qui font carrière chez Sanofi et travaillent avec passion et engagement avec leurs équipes pour proposer des solutions de santé à toutes et à tous, partout dans le monde. Au travers d’entretiens avec certaines d’entre elles, vous  découvrirez leur personnalité, leurs motivations et la riche diversité des cultures et points de vue qu’elles incarnent. Ces femmes vont de l’avant, repoussent les frontières du possible et sont à elles toutes l’incarnation de notre engagement et des actions que nous menons pour favoriser l’égalité hommes-femmes.  

Helena Yang possède plus de 20 ans d’expérience en Ressources Humaines dans différents secteurs d’activité, en Chine, en Asie et maintenant en Europe avec un scope international. Elle a débuté sa carrière chez Arthur Andersen, une agence de consulting, en 1996 où elle a par la suite exercé diverses responsabilités dont celles de Directrice RH pour la Chine et l’Asie. Helena a rejoint Sanofi en 2014 au poste de Directrice RH Chine avant d’être mutée au siège, à Paris, en 2016. Elle exerce actuellement les fonctions de Directrice Monde, Développement des organisations, au sein de l’équipe Chief Talent Office. Diplômée de l’Université de Hong Kong en Communication Marketing, elle est également titulaire d’une maîtrise en Développement des organisations et Leadership obtenue aux États-Unis.

A quoi, dans votre souvenir, aspiriez-vous le plus ?

Dans les années 1980, la Chine venait tout juste de s’ouvrir sur le monde. Mon rêve était de pouvoir parler un jour couramment l’anglais et d’avoir la possibilité d’étudier à l’étranger. Aujourd’hui, je travaille pour une entreprise internationale et je suis devenue une professionnelle respectable. Ma réalité d’aujourd’hui dépasse mes aspirations. Je travaille au siège de Sanofi et je vis à Paris avec ma famille. Pour moi, c’est tout simplement extraordinaire.

Quitter la Chine pour venir s’établir à Paris a dû vous causer un choc culturel…

En effet ! Sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan personnel. Je suis arrivée à Paris un mois de mai, et soudain, à la fin du mois de juillet, il est devenu impossible de joindre la moindre administration. Les écoles étaient fermées, tout comme d’ailleurs nombre de restaurants et de magasins, et personne ne répondait à mes messages électroniques. J’étais complètement perdue et paniquée. C’est comme si le pays avait mis la clé sous la porte ! Aujourd'hui, je dis à mes amis qu’août est un mois formidable pour visiter Paris, mais qu’il faut à tout prix éviter de s’y installer à cette période !

Sur le plan professionnel, le choc a été plutôt agréable. La première journée, au bureau, plus de 20 personnes m’ont fait la bise ! Les Chinois et plus particulièrement les Chinoises évitent les contacts physiques. Mais j’ai senti que l’accueil était chaleureux et que des liens venaient de se créer. Et puis, il était important pour moi de de montrer que je voulais m’adapter et m’intégrer.

Comment le succès est-il perçu en Chine ?

En Chine, nous avons un dicton qui dit  « mieux vaut un bon mariage qu’un bon travail ». D’une manière générale, il est encore inscrit dans les mentalités que l’idéal, pour une femme, est de bien se marier et d’avoir des enfants. Si votre réussite est strictement professionnelle, les gens pensent que vous êtes dure, agressive et moins féminine.

Globalement, la parité hommes-femmes en Chine est plutôt respectée en termes de chiffres. Le gouvernement chinois offre les mêmes chances de promotion aux hommes et aux femmes. En revanche, il y a encore beaucoup à faire sur le plan de l’égalité stricto sensu. Les postes les plus hauts placés et la direction des entreprises sont encore majoritairement confiés à des hommes et les pressions sociales traditionnelles continuent de peser lourdement sur les femmes.

Pour moi, le succès consiste à avoir un métier qui fait du sens, qui permet d’apprendre, de progresser et d’avoir un impact. Naturellement, j’attache aussi beaucoup d’importance à la famille et aux amis. Je pense que la vie est une succession d’expériences, de prises de risques, de choses différentes à tenter, c’est cela qui me rend heureuse. Mes amis me disent que je suis plus forte et ils apprécient mon expérience. Je veux aussi utiliser cette expérience pour encourager mes amis, et en particulier mes amies, à sortir de leur zone de confort, à prendre des risques.

Avez-vous pris beaucoup de risques en décidant de venir vous installer en France ?

C’est la plus grande décision que j’ai prise dans ma vie jusqu’ici. J’ai quitté ma zone de confort, ma famille, mes amis, j’ai quitté mon pays pour vivre dans un autre pays dont, de surcroît, je ne parlais pas la langue. Au début, j’avais moins confiance en moi. J’ai quitté une culture orientale pour une culture occidentale. Ça n’a pas été une décision facile pour moi. J’apprécie le soutien de ma famille et, en particulier, celui de mon mari, mais je sais en même temps que mes parents se sont beaucoup inquiétés. Encore aujourd’hui, ils me disent que ce n’était pas la meilleure décision à prendre, que je consacre trop de temps à mon travail et que je devrais passer plus de temps avec ma famille. Je comprends pourquoi ils nourrissent ce genre d’inquiétudes. Mais pour ma fille, je veux être un bon modèle et m’assurer qu’elle suive sa propre voie, non pas celle que lui auront dictée la société ou bien sa culture.

Un conseil pour quelqu’un qui aurait à prendre le même type de décision que la vôtre ?

Saisissez l’opportunité, n’hésitez pas parce que c’est fantastique, gratifiant et que l’expatriation est une expérience d’une très grande richesse. Mais avant de partir, il vaut mieux se préparer minutieusement, se renseigner sur la culture du pays. Il faut être fort, résilient et ne jamais baisser les bras.

Quel rêve souhaiteriez-vous réaliser ?

La Chine est un marché important et en croissance pour Sanofi. Je rêve que les talents chinois ne soient pas reconnus uniquement comme des talents chinois, mais vraiment comme des talents internationaux. C’est la raison pour laquelle je m’investis autant dans mon travail. Je veux soutenir tous les talents de Chine, toutes les femmes de talent d’Asie et de Chine afin qu’elles soient reconnues comme telles chez Sanofi. Aujourd’hui je vis le rêve de ma vie, l’année prochaine je vais rentrer chez moi, à Shanghai, et mon rêve est de poursuivre mon rôle actuel ainsi que de faire bénéficier Sanofi Chine de mon expérience et  de mes connaissances pour contribuer au succès de la filiale.

 

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