Women@Sanofi

Conversation avec… Katarina Radošević, Directrice Monde Recherche Biologique

Women@Sanofi rend hommage aux femmes qui font carrière chez Sanofi et travaillent avec passion et engagement avec leurs équipes pour proposer des solutions de santé à toutes et à tous, partout dans le monde. Au travers d’entretiens avec certaines d’entre elles, vous découvrirez leur personnalité, leurs motivations et la riche diversité des cultures et points de vue qu’elles incarnent. Ces femmes vont de l’avant, repoussent les frontières du possible et sont à elles toutes l’incarnation de notre engagement et des actions que nous menons pour favoriser l’égalité hommes-femmes. 

Bien que la parité hommes-femmes soit une des priorités mondiales, l'accès total et égal des femmes et des filles à la science demeure un défi de taille. A l'occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science se tenant le 11 février, Sanofi renouvelle son engagement en faveur de l'égalité des sexes dans les sciences. En encourageant les filles à abandonner leurs peurs et en défendant une éducation égale, Katarina Radošević de Sanofi s’inscrit parfaitement dans la vision du Secrétaire Général des Nations Unies, António Guterres, qui déclare que : « Nous devons encourager les filles et les femmes à devenir des chercheuses et des innovatrices à part entière, et les soutenir dans leurs projets ». 

Katarina Radošević a plus de 15 ans d'expérience dans l'industrie biotechnologique et pharmaceutique en France et aux Pays-Bas. Elle est titulaire d'un doctorat en immunologie et biologie cellulaire de l'Université de Twente, aux Pays-Bas, et d’un master ès sciences en biologie moléculaire de l'Université de Zagreb en Croatie. Elle a débuté sa carrière au centre médical de l’Université Erasmus de Rotterdam, où elle a effectué un post-doctorat en immunologie. Katarina a rejoint Sanofi en 2015 en tant que Responsable des Technologies Avancées de Bio-Innovation et est devenue Responsable Monde de la Recherche Biologique en 2016.

 

À quoi aspiriez-vous lorsque vous étiez enfant ?

Enfant, j’étais assez indisciplinée et rebelle. Je voulais tout faire par moi-même, ce qui avait le don d’exaspérer ma mère. J’aimais les maths, la biologie, la chimie et j’ai su très tôt qu’apprendre, que l’université, ferait partie de ma vie. En même temps, je voulais fonder une famille et avoir des enfants.

Comment avez-vous réussi à concilier votre amour de la science et votre envie d’avoir des enfants ?

Concilier vie professionnelle et vie familiale est certes difficile, mais ce n’est pas impossible. On apprend à établir des priorités, à s’organiser et à aller de l’avant. Le plus important pour moi était de « vaincre mes peurs ». La peur de ne pas faire les choses correctement, que la maison ne soit pas assez ordonnée, de ne pas m’occuper assez de mes enfants, de ne pas être la scientifique la plus brillante du monde… La peur de ne pas être à la hauteur nous empêche de faire bien des choses. J’ai donc appris très tôt à la surmonter. J’ai eu de très bons exemples dans ma vie. Mais c’est ma grand-mère qui m’a laissée la plus forte impression.

À 35 ans, juste avant la Deuxième guerre mondiale, elle s’est retrouvée veuve avec cinq enfants à élever. Il y a une anecdote sur ma grand-mère dont je me souviendrai toujours. Dans son petit village de Yougoslavie, un pays alors socialiste, le maire avait décidé que les poules seraient interdites. Ma grand-mère en avait bien sûr, pour les œufs et pour la soupe. Alors, elle est allée à la mairie et elle a dit au maire : « Vous pouvez faire tout ce que vous voulez, mais surtout ne touchez pas à mes poules. » Ainsi, lorsque je me retrouve dans une situation dans laquelle je n’ose pas demander ou faire quelque chose, je pense à ma grand-mère et à la mise en garde qu’elle a adressée au maire. Si elle a osé, pourquoi pas moi ? Cela m’a beaucoup aidée à vaincre les peurs dont je parlais à l’instant.

Comment en êtes-vous arrivée où vous êtes aujourd’hui ?

Lorsque j’ai fini mon diplôme universitaire en Yougoslavie, qui est aujourd’hui la Croatie, j’ai rencontré un étudiant de doctorat néerlandais très mignon. Je suis tombée amoureuse de lui et nous sommes partis aux Pays-Bas où j’ai fait mon doctorat au département de biophysique. Dans ce département, nous étions deux biologistes. Tous les autres étaient physiciens, mathématiciens et chimistes. Ce fut pour moi une expérience formidable qui m’a appris que la diversité de pensée, de disciplines et d’horizons permet de mener des recherches créatives et magnifiques. Nous nous sommes installés à Rotterdam où j’ai passé sept ans à l’Université Erasmus pour mes recherches postdoctorales, puis à la tête de l’un de ses laboratoires. Mais à un moment donné, j’ai eu le sentiment que ce que je faisais ne parviendrait jamais aux patients. Alors je me suis tournée vers les biotechnologies. C’était un changement assez radical. Douze ans plus tard, un chasseur de têtes m’a contactée pour une opportunité à Paris. Je me suis dit, « Encore un changement, je ne parle pas français, j’ai ma famille et mes enfants aux Pays-Bas ». C’était d’autant plus difficile que, dans l’intervalle, mon mari et moi avions divorcé. Mon plus jeune fils est venu vivre avec moi à Paris ; c’était la condition. Travailler pour Sanofi a été pour moi une expérience fantastique. On m’a très vite confié plus de responsabilités, non seulement en France mais aussi en Allemagne et aux États-Unis. C’était ce dont j’avais besoin, un poste stimulant et le sentiment de contribuer à un monde en meilleure santé.

Quel rôle la parité hommes-femmes joue-t-elle dans votre vie ?

Je n’en avais pas tellement conscience lorsque j’étais jeune, mais en grandissant, j’ai commencé à voir combien cette question était biaisée. Lorsque je travaillais dans les biotechnologies, j’ai participé un jour à une réunion importante avec 10 ou 15 personnes et c’est alors que je me suis rendue compte que j’étais la seule femme autour de la table. C’est là que j’ai commencé à comprendre que quelque chose clochait. À partir de ce moment-là, j’ai commencé à m’engager de manière plus proactive. Mes enfants, j’ai deux fils et une fille, ont été élevés de la même façon. J’essaie d’être un bon modèle pour mes enfants et surtout pour ma fille, pour lui montrer qu’il n’y a aucune limite, qu’elle est aussi compétente sinon plus que les autres et qu’elle peut faire ce qu’elle veut. Mes garçons sont très ouverts d’esprit en ce qui concerne les rôles dévolus aux hommes et aux femmes. Au travail, mon équipe de direction compte 50 % de femmes et 50 % d’hommes. La diversité de pensée permet de prendre de meilleures décisions. Dans mon rôle de mentor, je demande expressément à accompagner des jeunes femmes car je pense que je peux davantage contribuer à leur épanouissement.

Que faudrait-il faire pour promouvoir la parité hommes-femmes ?

D’un point de vue socio-économique, il faudrait que les femmes puissent choisir ce qu’elles veulent. L’éducation est importante. Nous n’éduquons pas les filles et les garçons de la même manière. Nous insistons sur certains aspects qui semblent plus importants pour les garçons que pour les filles et ce n’est pas bien. Les quotas sont peut-être nécessaires. La Norvège a démontré qu’en introduisant des quotas, il est possible de parvenir à un bon équilibre. Nous devons également sensibiliser les hommes sur la valeur de la parité hommes-femmes, dans l’entreprise et dans toutes les sphères de la vie, car la diversité de pensée est synonyme de succès. Les femmes pourraient aussi mieux faire : s’entraider, participer à des programmes de mentorat et ne pas avoir peur de se lancer… Avoir des modèles et oser.

Quel monde aimeriez-vous laisser à vos enfants ?

Nous devrions assainir la planète parce que nous l’avons vraiment massacrée. J’aimerais contribuer à l’édification d’un monde plus sain et plus propre. J’aimerais pouvoir influer sur la vie de certaines personnes pour que lorsque je ne serai plus là, elles puissent dire que je leur ai appris à repousser leurs limites !

Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?

Apprends à vaincre tes peurs. Fais ce que tu as envie de faire, sans te laisser brider par l’idée que tu n’y arriveras pas. L’avenir est à toi, il t’appartient de le bâtir.

À quoi ressemble le succès à vos yeux ?

Pour moi, le succès c’est de repousser mes limites, me lancer des défis, en faire toujours plus pour moi, pour ma famille, pour mon entourage et pour la planète.

 

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