Women@Sanofi


Conversation avec… Kathleen Tregoning, Responsable des Affaires Externes, Vice-Président Exécutif

Women@Sanofi rend hommage aux femmes qui font carrière chez Sanofi et  travaillent avec passion et engagement avec leurs équipes pour proposer des solutions de santé à toutes et à tous, partout dans le monde. Au travers d’entretiens avec certaines d’entre elles, vous  découvrirez leur personnalité, leurs motivations et la riche diversité des cultures et points de vue qu’elles incarnent.  Ces femmes vont de l’avant, repoussent les frontières du possible et sont à elles toutes l’incarnation de notre engagement et des actions que nous menons pour favoriser l’égalité hommes-femmes.

Kathleen Tregoning dirige le département Affaires Externes de Sanofi et a sous sa responsabilité une équipe de 1 500 personnes spécialisées dans différentes disciplines, depuis la Communication jusqu’à la Responsabilité sociale de l’entreprise, en passant par les Affaires publiques et l’Accès au marché. Proactives et tournées vers l’avenir, les équipes Affaires Externes définissent les contours de l’écosystème de santé en contribuant notamment à l’élaboration des politiques, en soutenant la cause des patients, en communicant l’engagement et les actions de l’entreprise, en défendant l’accès au marché de nos produits ou encore en négociant avec les tiers payeurs de manière à ce que toutes les conditions soient réunies pour que les patients aient accès aux médicaments et traitements dont ils ont besoin. 

Kathleen est Américaine et vit actuellement à Paris. Elle possède plus de 20 ans d’expérience professionnelle dans le domaine de la politique, des actions de sensibilisation et de mobilisation, du dialogue avec les parties prenantes et de l’engagement externe.

 

Quelle petite fille étiez-vous à l’âge de cinq ans ?

Lorsque j’étais petite, je ne réfléchissais pas tant à ce que je voulais être mais plutôt à ce que je voulais faire. J’adorais apprendre et aller au fond des choses pour les comprendre. À cinq ans, je voulais probablement être une professionnelle de la résolution de problèmes et de la compréhension des choses autour de moi. J’adorais aussi l’histoire et la lecture. Mes sœurs se moquaient de moi parce que j’étais toujours dans mon coin, le nez dans un livre.

Depuis mon arrivée à Paris il y a un an, tous les livres que je lis portent sur la culture et  l’histoire de la France. C’est compliqué, mais je sens que tout est en train de se mettre en place et c’est fascinant.

Quel a été votre plus grand choc culturel en arrivant en France ?

Mon plus grand choc a été de découvrir ce que les Français appellent « le fond et la forme ». Autrement dit, la différence entre le contenu -- ce que l’on fait -- et la méthode c'est-à-dire la manière dont on s’y prend pour le faire. En tant qu’Américaine, je suis assez directe et pragmatique et il m’a donc fallu du temps pour me rendre compte que la voie la plus directe n’est pas toujours la meilleure et qu’il faut parfois prendre son temps avant d’arriver à destination. Il m’a fallu un certain temps avant de m’y faire.

Comment de passionnée de lecture êtes-vous devenue Responsable des Affaires Externes chez Sanofi ?

Adolescente, j’ai souhaité aller faire mes études secondaires à l’autre bout des États-Unis parce que je voulais découvrir quelque chose de différent. J’étudiais les Relations internationales lorsque le mur de Berlin est tombé, à une époque marquée par une actualité mondiale très intense. Je me suis intéressée ensuite à la politique et aux affaires gouvernementales, alors j’ai repris mes études et j’ai obtenu un diplôme en Politique publique. Je n’avais pas de plan prédéfini, je voulais juste aller au bout des choses qui m’intéressaient.

Je me suis retrouvée à Washington D.C. où j’ai travaillé pour le Congrès des États-Unis, ce qui m’a ensuite amenée à travailler dans les Affaires gouvernementales au sein du secteur biopharmaceutique. Plus tard, j’ai étendu mon scope à la communication ce qui m’a permis d’acquérir une perspective plus large des affaires institutionnelles, et cette perspective élargie m’a finalement amenée à travailler chez Sanofi.  J’ai eu un un parcours très intéressant, mais je n’aurais jamais pu vous dire il y a 25 ans que ça allait se passer comme ça.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous saisir de la question de la parité hommes-femmes chez Sanofi ?

Plus j’ai évolué dans ma carrière, plus j’ai réalisé qu’il y avait de moins en moins de modèles féminins autour de moi. Je pense que c’est important d’être un exemple, de comprendre que si nous voulons vraiment faire avancer la parité hommes-femmes, il faut se saisir de cette question à bras le corps ; et c’est pourquoi je suis engagée sur le sujet. J’ai eu beaucoup d’opportunités tout au long de ma carrière et je veux m’assurer d’être aussi une force positive de changement pour les autres.

Mais aussi une force positive pour vos enfants, j’imagine ?

Ma fille a toujours eu une conscience très aiguë de la question filles-garçons. Je me souviens de l’avoir emmenée avec mon fils voir le Lincoln Memorial lorsque nous vivions à Washington, de lui avoir parlé du Président Lincoln, et de lui avoir dit quel grand dirigeant il était. Elle s’est alors tournée vers moi et m’a dit : « D’accord maman, mais pourquoi n’était-il pas une fille ? » Elle demande souvent « où sont les filles et qu’ont fait les filles ? » Je pense qu’il est donc important de pouvoir montrer différents modèles.

Qu’en est-il de la parité hommes-femmes dans votre propre vie ?

J’ai un mari exceptionnel qui assume beaucoup de responsabilités à la maison. C’est lui qui va chercher les enfants à l’école et qui gère toute l’intendance, si bien que quand je rentre le soir je peux être la « maman fun » et détendue : je n’ai pas besoin de préparer le dîner ou de faire des lessives. À certains égards, nous sommes une famille typique, sauf que les rôles sont inversés. J’ai énormément de chance que mon mari soit d’accord avec ça et que nos enfants n’aient aucune idée de ce que sont les rôles stéréotypés. Ils n’ont jamais vécu dans ce type d’environnement si bien qu’ils voient leur mère et leur père faire de leur mieux et contribuer à la vie de famille de différentes manières.

Mes enfants savent que je travaille pour une entreprise qui fabrique des médicaments pour des personnes malades afin de les aider à se sentir mieux. Ils aiment ça et ils sont très attachés à cette idée. Mais lorsque je rentre le soir, ils veulent jouer au foot dans le couloir et me raconter ce qu’ils ont fait à l’école. C’est toujours une excellente transition et ça me permet de garder les pieds sur terre.

C’est vrai que l’on demande souvent aux femmes comment elles font pour tout concilier, alors qu’on pose rarement cette question aux hommes. Eh bien, je concilie le tout comme les hommes le font. J’ai un mari fantastique qui m’aide et me permet de faire carrière. Je pense que la parité hommes-femmes est aussi importante pour les hommes que pour les femmes. Les hommes veulent aussi s’impliquer dans l’éducation de leurs enfants et dans leur vie de famille. On ne peut attendre des hommes et des femmes qu’ils fassent carrière sans de solides soutiens à la maison. Pour moi, la parité hommes-femmes n’est pas une question de femmes. Il s’agit plutôt de déterminer comment parvenir à un équilibre pour permettre à tous de mener une vie professionnelle et personnelle riche et enrichissante, quelle qu’en soit la forme. 

En quoi votre installation à Paris vous a-t-elle changée ?

Jamais je n’aurais pu imaginer vivre à l’étranger avec ma famille pour mon travail. C’est une très belle expérience pour nous tous. Vivre à Paris, c’est s’extraire de la vie quotidienne. J’ai récemment passé une audition pour joindre une chorale ici à Paris – un exercice auquel je ne m’étais pas prêtée depuis longtemps. J’étais assez nerveuse parce que -- cela va peut-être vous surprendre --, je suis en fait une introvertie qui évolue dans un monde d’extravertis. Repousser les limites de mon introversion, a été un aspect important de ma carrière car je ne voulais pas  laisser l’introvertie en moi me limiter.

L’un de mes livres favoris est La force des discrets de Susan Cain (Quiet, en anglais). C’est un livre qui parle des introvertis. Jamais je n’aurais pensé que la personne qui m’en a conseillé la lecture était elle-même introvertie. Je l’ai lu et j’ai compris que nous étions toute une communauté d’introvertis à vivre dans un monde d’extravertis. Cela m’a permis de comprendre pourquoi certaines choses me demandent autant d’efforts et de réaliser à quel point les apparences peuvent être trompeuses. Rien ne dit par exemple que telle ou telle personne qui n’a en apparence aucune difficulté à s’exprimer lors d’un entretien n’y parvient qu’au prix d’un effort qui n’est pas nécessairement le plus naturel pour elle. 

Mon père m’a toujours donné ce conseil lorsque j’étais enfant : « ne recule jamais devant un défi ». Lui et ma mère m’ont donné le goût de m’ouvrir à de nouveaux horizons et j’ai toujours vécu selon ce principe.

Des objectifs ?

Beaucoup de personnes m’interrogent sur mes objectifs de vie. Et j’en ai un vraiment ancré dans mon esprit depuis longtemps. Un jour, si quelqu’un demande à mes enfants : « Comment était votre mère lorsque vous étiez enfant ? » j’aimerais que leurs premiers mots soient : « Maman ? Elle était fun. » Pour moi, c’est essentiel car cela signifie que je suis heureuse et comblée dans ma vie professionnelle et que cela me permet d’apporter de la joie et du sens à ma famille. C’est donc autour de cet objectif que j’organise toute ma vie.