« Mon cœur, votre cœur » – Qui prend soin de lui ?



Organe vital, le cœur est aussi le siège de nos émotions. Parfois, il se brise et parfois, il explose de bonheur. Bien que nous reconnaissions tous sa forme, symbole universel d’amour et d’affection dans le monde, nous sommes moins conscients des risques qui pèsent sur notre cœur et ignorons souvent comment décrypter ses signes d’alerte.

C’est précisément sur cette thématique que la Fédération mondiale du cœur souhaite sensibiliser à l’occasion de la Journée mondiale du cœur, le 29 septembre. La campagne de cette année, « Mon cœur, votre cœur », met l’accent sur l’attention que nous devons porter à notre propre cœur, et au cœur des personnes que nous aimons, parce que les maladies cardiovasculaires (MCV) nous concernent tous.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde : près de 18 millions de personnes en meurent chaque année, ce qui représente un tiers (30 %) de l’ensemble des décès dans le monde. Aucun pays n’échappe à cette réalité mais les pays à revenu faible ou intermédiaire sont particulièrement touchés. On y recense en effet plus de 80 % des décès dus aux MCV et ils concernent aussi bien les hommes et que les femmes1. Les conséquences des maladies cardiovasculaires ne se répercutent pas seulement sur les patients ; elles contribuent à la pauvreté des ménages du fait des dépenses de santé catastrophiques et du niveau élevé des paiements directs auxquels ceux-ci doivent faire face2.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies cardiovasculaires resteront la principale cause de décès d’ici 2030 et près de 23,6 millions de personnes seront touchées, principalement par des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux.3

Les progrès thérapeutiques et les campagnes de prévention ont contribué à réduire le nombre de cas ces dernières décennies, mais des études récentes montrent que de nombreuses personnes, y compris celles ayant déjà présenté un premier infarctus du myocarde, continuent de penser qu’elles ne sont pas à risque élevé de MCV et sont par conséquent moins attentives aux facteurs de risque et moins aptes à réagir de manière appropriée dès que les premiers symptômes se manifestent.

Infographie et chiffres clés à propos des maladies cardiovasculaires

Les signes d’alerte d’une crise cardiaque

Une personne ayant une crise cardiaque peut ressentir les symptômes suivants :

Infographie et chiffres clés à propos des maladies cardiovasculaires

Se réveiller avec des nausées, un essoufflement ou une douleur dans le dos, la nuque ou la mâchoire ne suscite pas nécessairement d’inquiétude et est facilement considéré comme une douleur quotidienne mineure. Cependant, ils peuvent être des symptômes d’un événement cardiovasculaire précoce comme une crise cardiaque. Cela est particulièrement vrai pour les femmes.

Les femmes, moins sensibilisées aux risques que les hommes

De nombreuses personnes considèrent que les MCV ne touchent que les hommes. Pourtant, les femmes représentent près de la moitié des cas de mortalité d’origine cardiovasculaire4 . En France, par exemple, les infarctus du myocarde ont triplé ces 15 dernières années chez les femmes de moins de 50 ans (Fédération française de cardiologie), tandis que l’Agence nationale de santé publique fait état d’une progression des taux d’hospitalisation pour infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 65 ans de 25,2 % sur la période 2002-20135.

D’après une enquête récente menée aux États-Unis, seulement 13 % des femmes savent que les maladies cardiovasculaires pourraient être le principal risque pesant sur leur santé. Dans plus de la moitié des cas, celles-ci ne font pas le lien entre les symptômes mineurs qu’elles présentent et un éventuel problème cardiaque, ce qui réduit leurs chances de recevoir un traitement dans les temps.

L’évolution des habitudes de vie des femmes, comme le fait qu’elles soient plus sédentaires, mangent plus gras et consomment plus d’alcool et de tabac, a réduit l’écart avec les hommes en termes de risques de maladies cardiovasculaires. De plus, les femmes doivent accorder plus d’attention aux trois grandes phases de leur vie hormonale : lorsque leur premier contraceptif leur est prescrit, pendant la grossesse, puis à la ménopause. Les œstrogènes contribuent à augmenter le taux de bon cholestérol et protègent les femmes. À la ménopause, en revanche, avec la diminution des concentrations d’œstrogènes, de nombreuses femmes sont exposées aux maladies cardiovasculaires. De plus, le diabète ou l’hypertriglycéridémie (élévation du taux de triglycérides dans le sang) annule les effets positifs des œstrogènes6. Les femmes représentent par conséquent une cible importante pour les campagnes de prévention et de sensibilisations aux facteurs de risque.

Les facteurs de risque : plus importants que la génétique

Même si le fait d’être un homme ou une femme a une incidence sur le risque de maladie cardiovasculaire, il faut savoir que les maladies du cœur et des vaisseaux sanguins sont principalement causées par une mauvaise hygiène de vie ou par des maladies génétiques rel="noopener noreferrer" comme l’hypercholestérolémie familiale. Cependant, les facteurs environnementaux jouent également un rôle dans le risque de développer une maladie cardiovasculaire.

Les personnes ayant une prédisposition génétique aux maladies cardiovasculaires peuvent diminuer de moitié leur risque d’infarctus du myocarde en arrêtant de fumer, en mangeant plus équilibré et en pratiquant régulièrement une activité physique. À l’inverse, les fumeurs obèses ou sédentaires sont plus susceptibles de présenter un infarctus du myocarde que les personnes ayant une prédisposition génétique aux maladies cardiovasculaires, sans autres facteurs de risque connus. Cela prouve qu’il est possible de prévenir les maladies cardiovasculaires.

Infographie et chiffres clés à propos des maladies cardiovasculaires

La prévention secondaire, cruciale après un premier infarctus du myocarde

Parmi les patients qui survivent à une crise cardiaque, 1 sur 5 connaît un deuxième événement cardiovasculaire au cours de la première année et environ la moitié des événements coronariens majeurs surviennent chez ceux qui ont déjà été hospitalisés.

Une fois que quelqu’un a eu un premier événement cardiaque, un bon suivi avec un mode de vie sain et un environnement favorable sont essentiels pour prévenir les récidives.

Le respect du traitement peut cependant être long et difficile. C’est pourquoi l’éducation et l’accompagnement des patients vers l’autonomie pour les aider à comprendre pourquoi un mode de vie plus sain et un bon suivi du traitement sont si importants.

Cette prévention secondaire est conforme à l’objectif de la Fédération mondiale du cœur consistant à réduire la mortalité prématurée due aux maladies cardiovasculaires d’au moins 25% d’ici 2025.

Infographie et chiffres clés à propos des maladies cardiovasculaires

Références

  1. OMS: Maladies cardiovasculaires, http://www.who.int/cardiovascular_diseases/about_cvd/fr/
  2. OMS: Maladies cardiovasculaires, Pourquoi les maladies cardiovasculaires constituent-elles un problème de développement pour les pays à revenu faible ou intermédiaire ?, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4420633/
  3. OMS: Cardiovascular diseases, http://www.who.int/cardiovascular_diseases/about_cvd/en/
  4. https://www.health.harvard.edu/heart-health/gender-matters-heart-disease-risk-in-women
  5. Ministère des Solidarités et de la Santé, https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-cardiovasculaires/article/les-maladies-cardiovasculaires
  6. https://www.world-heart-federation.org/resources/key-facts/