L'augmentation galopante des maladies chroniques en Afrique



Alors qu’elle continue de lutter contre plusieurs de ses pires ennemis, l’Afrique est confrontée aujourd’hui à un enjeu de santé à la foi nouveau et redoutable.

Les infections mortelles, comme l’infection à VIH, le paludisme, la tuberculose, le choléra, la dysenterie et les fièvres hémorragiques comme celles d’Ebola et la fièvre jaune, ont toujours mis à rude épreuve les systèmes de santé du continent africain. Aujourd’hui, cependant, la brusque augmentation des maladies non transmissibles, comme le diabète, le cancer et les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, qui sont liées à la mondialisation et à l’évolution de l’économie font peser une charge supplémentaire sur ces systèmes.

Ces maladies, connues sous le nom de maladies non transmissibles (MNT), tuent chaque année 41 millions de personnes, ce qui représente 71 % des décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

En 2015, les conditions d’infections en Afrique représentaient 5,2 millions de décès (56,4%), contre 5,7 millions en 2010 (61,4%). Les maladies non transmissibles, traditionnellement associées à l'urbanisation et à des niveaux de vie plus élevés, représentaient 3,1 millions de décès (33,5% de tous les décès), contre 29,4% en 2010.

Et depuis, la situation sanitaire de l’Afrique se détériore.L’OMS estimates que les MNT augmenteront de 27 % au cours des 10 prochaines années sur ce continent et seront responsables de 28 millions de décès supplémentaires. Cela représente une augmentation globale de 17 % au cours de cette période. D’ici à 2030, la mortalité par maladies non transmissibles en Afrique « devrait dépasser celle des maladies contagieuses, maternelles, périnatales et nutritionnelle prises dans leur ensemble.

L’augmentation des dépenses associées à la sensibilisation et l’amélioration de l’accès à des médicaments efficaces ont contribué à réduire le fardeau des maladies infectieuses en Afrique depuis 2000, selon la Banque mondiale. Mais les maladies infectieuses restent la principale cause des décès prématurés en Afrique et l’OMS prévient que des mesures doivent être prises pour faire face à ce qu’elle appelle une transition sanitaire vers un « double fardeau des maladies transmissibles et non transmissibles ».

La croissance économique en Afrique devrait progresser de 3,1 % en 2018, et de 3,6 % l’année suivante. Mais le progrès s’accompagne aussi de multiples complications.

La modernisation des économies africaines fait évoluer les sociétés correspondantes. Les populations rurales migrent vers les villes où la vie est plus compliquée et souvent plus toxique. La pollution fait rage dans les zones urbaines qui ne cessent de s’étendre et la disponibilité croissante de biens de consommation a modifié les habitudes, souvent pour le pire. Les aliments transformés ont remplacé les aliments traditionnels dans le régime alimentaire des populations urbaines et l’exposition croissante à l’alcool et aux produits du tabac, largement commercialisés et disponibles, a accru l’incidence du cancer et des maladies cardiaques et pulmonaires.

Selon l’OMS, les maladies non transmissibles « résultent d’une combinaison de facteurs génétiques, physiologiques, environnementaux et comportementaux. Le tabagisme, la sédentarité, l’usage nocif de l’alcool et une mauvaise alimentation sont autant d’éléments qui augmentent le risque de mourir d’une maladie non transmissible.» L’OMS reconnaît également que la pollution atmosphérique constitue un facteur de risque grave pour ces maladies.

Lors d’une conférence qui s’est tenue à Nairobi en mars, Khama Rogo, Responsable de l’Initiative « Santé en Afrique » du groupe de la Banque Mondiale, a indiqué que le manque de services de prévention et de dépistage entraînait des erreurs de diagnostic ou des diagnostics tardifs. Or, un diagnostic tardif augmente le coût du traitement. « La prise en charge des maladies non transmissibles est l’un des domaines de dépense les plus inefficaces du continent africain », a déclaré le docteur Rogo.

Les effets catastrophiques des MNT se font plus durement sentir chez les familles pauvres et, par voie de conséquence, chez les enfants. Lorsque les soutiens de famille perdent leur aptitude à travailler à cause de la maladie, les ressources s’épuisent rapidement. Cela pousse davantage de familles à la pauvreté et les propulse dans une spirale descendante, met en garde l’OMS. « Pour atténuer l’impact des maladies non transmissibles sur les individus et la société, il faut une approche globale, nécessitant que tous les secteurs, santé, finance, transport, éducation, agriculture, planification et d’autres collaborent. »

L’alimentation est un secteur particulièrement préoccupant en Afrique car l’évolution de l’économie et de la société s’est soldée par une augmentation fulgurante des taux d’obésité. Huit des 20 pays où les taux de progression de l’obésité. Eight of the 20 countries with the fastest growing rates of obesity are in Africa.

L’épidémie de diabète dans les pays d’Afrique subsaharienne fait peser de graves menaces sur l’économie et la situation sanitaire de ces pays selon un rapport de 2017 intitulé « Diabetes in sub-Saharan Africa : from clinical care to health policy » .

Le diabète peut provoquer d’autres maladies chroniques comme des maladies cardiovasculaires, des accidents vasculaires cérébraux, une insuffisance rénale et « l’augmentation de leur prévalence pourrait donner lieu à une montée en puissance des maladies chroniques dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne », selon Rifat Atun, professeur à Harvard et l’un des auteurs de ce rapport..

Selon le rapport, plus de 90 % des cas de diabète en Afrique subsaharienne sont de type 2. Cela donne à penser que des changements de comportement, comme l’augmentation de l’activité physique ou l’amélioration du régime alimentaire, pourraient permettre de juguler cette épidémie. Mais sans diagnostic approprié ni traitement efficace, cela relève de l’utopie. Selon le rapport, à peine la moitié des personnes atteintes de diabète de type 2 ont été diagnostiquées et une sur dix seulement bénéficie d’un traitement.

Les agents de santé communautaire doivent être davantage formés sur le diabète et les nouvelles technologies pour pouvoir mieux dépister, suivre et traiter cette maladie recommande le rapport.

Les nouvelles technologies pourraient de fait être un instrument puissant de l’arsenal de santé africain.

Les entreprises de technologie africaines, comme l’opérateur de la plateforme de paiement mobile M-Pesa, sont depuis longtemps des pionniers mondiaux dans l’art de connecter les habitants de régions où les infrastructures sont insuffisantes, une tendance qui a toutes les chances de se maintenir.

La téléphonie mobile , qui a révolutionné la connectivité en Afrique, continuera d’évoluer au cours des deux prochaines années et de pénétrer davantage le marché grâce à des dispositifs mobiles à très faibles coûts. La prolifération de la connectivité dans les régions rurales et semi-urbaines d’Afrique est un outil puissant pour combler le « fossé numérique » qui reste l’un des principaux enjeux sociaux en Afrique.

Les rendez-vous médicaux virtuels, ou e-consultations en sont encore à leurs balbutiements en Afrique mais la création d’un meilleur système de collecte, de stockage et de distribution des données de santé pourraient généraliser cette technologie. « Un programme d’e-consultations bien déployé peut réduire les coûts, améliorer la satisfaction et l’implication des patients et améliorer l’accès aux soins et la productivité des cliniciens -- autant de bénéfices jugés prioritaires sur des marchés émergents comme l’Afrique. »

Les technologies mobiles ou e-consultations en sont encore à leurs balbutiements en Afrique mais la création d’un meilleur système de collecte, de stockage et de distribution des données de santé pourraient généraliser cette technologie. « Un programme d’e-consultations bien déployé peut réduire les coûts, améliorer la satisfaction et l’implication des patients et améliorer l’accès aux soins et la productivité des cliniciens -- autant de bénéfices jugés prioritaires sur des marchés émergents comme l’Afrique. »

Sanofi, qui contribue depuis de longues années aux initiatives de santé en Afrique, travaille assidument dans ce sens. « Ce qui nous enthousiasme, c’est de voir les actions que la technologie peut nous permettre de mener dans des pays défavorisés qui n’ont pas accès aux médicaments, aux soins et aux services de diagnostic dans les mêmes conditions qu’ailleurs. Nous pensons sincèrement que les start-ups africaines peuvent changer en profondeur la médecine et réduire les inégalités en matière d’accès », a déclaré Ameet Nathwani, Chief Medical Officer de Sanofi, lors du salon Vivatech le mois dernier.

Les efforts de Sanofi à l’occasion de Vivatech se sont centrés sur la promotion de solutions africaines en télémédecine, sur le diagnostic précoce et sur l’amélioration globale de l’accès aux soins de santé.

Sanofi collabore avec les communautés de différents pays d’Afrique depuis plus de 60 ans pour améliorer la santé pour tous grâce à des initiatives comme des campagnes de vaccination et des programmes de formation pour les professionnels de santé.

Aujourd’hui, nous utilisons les technologies les plus récentes pour permettre aux communautés rurales d’avoir accès à de meilleurs soins de santé. En Algérie, Sanofi a équipé des cliniques mobiles de technologies pour élargir l’accès au dépistage et aux traitements, tandis qu’au Nigeria, des codes spéciaux figurent désormais sur les conditionnements de nos médicaments pour aider les patients à se protéger des médicaments falsifiés.