Avancées dans la recherche sur le cancer du sein

Consacré chaque année à la sensibilisation au cancer du sein, le mois d’octobre est l’occasion pour des milliers de personnes dans le monde de participer à des activités pour soutenir les patients et la recherche sur une maladie qui demeure l’une des premières causes de mortalité chez la femme dans le monde.

Parallèlement, des progrès scientifiques considérables ont été réalisés dans la lutte contre cette maladie. Malgré l’augmentation du nombre de cas diagnostiqués (chez les femmes et, très rarement, chez les hommes), les progrès réalisés ces vingt dernières années en matière de diagnostic et de traitement ont sensiblement amélioré les taux de survie des personnes atteintes d’un cancer du sein. En effet, s’il est diagnostiqué suffisamment tôt, plus de 90 % des personnes atteintes de ce cancer seront encore en vie cinq ans après le diagnostic.

Infographie Cancer du Sein 

Les taux de survie globale des personnes atteintes d’un cancer du sein varient selon les pays, mais d’une manière générale ces taux se sont améliorés grâce à des diagnostics plus précoces, lorsque le cancer est encore localisé, et à l’amélioration des traitements chirurgicaux et adjuvants (traitements anticancéreux administrés en plus du traitement de première intention pour réduire le risque de récidive)1.

L’amélioration des taux de survie des personnes atteintes d’un cancer du sein est en grande partie due aux recherches qui ont permis de révéler que ce cancer est une maladie beaucoup plus complexe qu’on ne le croyait il y a encore quelques années. Grâce au décodage du génome humain, les chercheurs ont considérablement enrichi leurs connaissances sur le fonctionnement du cancer et ses interactions avec les systèmes immunitaires et hormonaux.

« Il y a 20 ans, on pensait qu’il existait deux formes de cancer du sein : le cancer pré-ménopausique et le cancer post-ménopausique », explique Laurent Debussche, Responsable, Recherche en oncologie moléculaire de la R&D de Sanofi.

« Aujourd’hui, grâce à notre connaissance de la génétique humaine et à notre capacité d’analyse de vastes quantités de données, nous savons qu’il existe de multiples variantes du cancer du sein – et nous savons aussi mieux les cibler. »

Plusieurs progrès ont été réalisés ces dernières années, dans différents domaines.

  • Des techniques de radiothérapie brève ont été développées. Plutôt que de soumettre les patients à une radiothérapie externe pendant 20 à 30 jours, il est aujourd’hui possible de placer des implants radioactifs sous forme de graines, de capsules ou de bâtonnets dans le corps au niveau du cancer ou à côté pendant quelques heures ou jours2. La mise en place des implants a lieu lors de l’intervention chirurgicale pour l’exérèse de la tumeur du sein ou de la prostate.
  • Des tests génétiques donnent aux personnes la possibilité de savoir si leur cancer du sein ou leurs antécédents familiaux de cancer du sein sont dus à une mutation génétique héréditaire. Entre 5 % et 10 % des cancers du sein sont en effet dus à une anomalie dans la structure de certains gènes, comme les gènes BRCA1 ou BRCA23. Les femmes issues de familles où plusieurs cancers du sein ont été diagnostiqués devraient peut-être envisager de faire analyser leur profil génétique pour détecter la présence éventuelle de ces gènes, de sorte que des mesures de prévention puissent être prises en amont.
  • Les essais cliniques ont joué un rôle important dans la découverte de nouveaux traitements contre le cancer du sein et ont permis d’identifier de nouvelles méthodes de détection, de diagnostic et de réduction du risque. D’autres essais ont pour leur part permis de démontrer les bénéfices de certains agents de chimiothérapies et d’identifier les associations thérapeutiques les plus utiles.
  • Thérapies ciblées. L’avancement rapide des connaissances en génétique et en biologie moléculaire alimente des recherches prometteuses sur le traitement du cancer du sein. Ces connaissances permettent aux chercheurs de s’employer à développer des thérapies « ciblées » qui s’attaquent à des variantes spécifiques du cancer du sein.

Les thérapies ciblées bloquent des mécanismes spécifiques des cellules cancéreuses en interférant avec les molécules qui agissent sur leur croissance et leur propagation. Il s’agit d’un changement marqué par rapport aux chirurgies radicales ou aux traitements standards comme la radiothérapie ou la chimiothérapie, qui ont des effets beaucoup plus toxiques sur les cellules et provoquent un grand nombre d’effets secondaires.

Les premières thérapies ciblées ont été dirigées contre le cancer du sein positif aux récepteurs des œstrogènes ou ER+, un cancer dont la croissance est stimulée par les œstrogènes. Dans cette forme de cancer, les cellules tumorales possèdent un nombre excessif de sites récepteurs pour les œstrogènes, ce qui permet à ces hormones de favoriser leur croissance et leur division. Il s’agit aussi de la forme de cancer la plus fréquente puisqu’elle représente près de 70 % des nouveaux cas de cancer du sein diagnostiqués chaque année.

L’une des thérapies ciblées les plus fréquentes du cancer du sein ER+ est l’endocrinothérapie ou hormonothérapie. Ces thérapies, qui visent à bloquer l’effet des œstrogènes sur les tumeurs qui y sont sensibles, possèdent différents mécanismes d’action. Dans de nombreux cas, lorsqu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une approche thérapeutique plus large, ces thérapies peuvent venir à bout du cancer.

Vaincre la résistance au traitement

En cas d’échec des traitements, le cancer du sein peut devenir métastatique ou passer au stade 4, soit la forme la plus mortelle de la maladie. Les cancers de stade 4 se sont propagés en dehors du tissu mammaire, dans d’autres organes. Souvent, les cancers du sein ER+ de stade 4 ont développé une résistance aux traitements anti-œstrogènes qui agissaient auparavant.

Faits et Chiffres sur le Cancer du Sein 

Pour tenter de vaincre cette résistance, Sanofi développe une thérapie ciblée utilisant des « agents de dégradation » des récepteurs des œstrogènes dans le but de réduire le nombre de récepteurs actifs dans la tumeur.

« Nos données précliniques et cliniques précoces donnent à penser que cette thérapie pourrait potentiellement constituer une avancée pour les patientes atteintes d’un cancer du sein », déclare le docteur Joanne Lager, Responsable, Développement en oncologie de la R&D de Sanofi. « C’est très encourageant. »

Les chercheurs continuent de faire avancer les connaissances sur le cancer du sein et ses différentes formes et s’efforcent de prolonger la survie des patientes, voire de développer des traitements curatifs.

« De nouveaux traitements sont nécessaires et Sanofi se concentre sur cet objectif », souligne Laurent Debussche. « Si l’on veut découvrir de nouveaux traitements, il faut impérativement faire avancer les connaissances sur la biologie de cette maladie. »

Références

  1. https://www.wcrf.org/sites/default/files/Breast-cancer-survivors-report.pdf
  2. https://www.cancer.org/cancer/breast-cancer/treatment/radiation-for-breast-cancer.html
  3. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3063560/