Le cancer du sein chez l’homme

Partout dans le monde, le mois d’octobre est consacré à la sensibilisation au cancer du sein, à son dépistage précoce et à son traitement, sachant que plus il est diagnostiqué tôt, meilleures sont les chances de guérison. Malheureusement cette forme de cancer est rarement diagnostiquée suffisamment tôt chez l’homme, si bien que lorsque le diagnostic est établi, le cancer a déjà atteint un stade avancé.

Le pourcentage d'hommes atteints du cancer du sein est extrêmement rare comparé à la prévalence chez les femmes. Pour les hommes, le risque de cancer du sein diagnostiqué au cours de la vie est d'environ 1 sur 1 000, ce qui représente 0,4 à 1,2% de tous les cancers chez l'homme. En 2018, 2 550 cas de cancer du sein devraient être diagnostiqués chez des hommes, contre 2 millions de nouveaux cas pour les femmes1. Même si ces chiffres sont peu élevés, le risque est néanmoins bien réel et ne devrait pas être négligé. Les seins de l’homme adulte sont comparables à ceux d’une fille prépubère. Chez l’homme, le tissu mammaire ne se développe pas, mais cela ne supprime toutefois pas le risque de cancer du sein.

Dans les pays occidentaux, le cancer du sein masculin survient habituellement vers 60-65 ans2, soit 8 à 10 ans plus tard que chez la femme, et le risque augmente avec l’âge.

Un diagnostic tardif diminue les chances de guérison

Les procédures de dépistage chez la femme sont bien établies : recommandations en faveur de mammographies régulières, manifestations sportives pour sensibiliser au diagnostic précoce et à son importance, activités de sensibilisation et de levée de fonds pour la recherche. Aucune de ces activités ne s’adresse aux hommes et ce déficit d’informations contribue au manque de sensibilisation de ces derniers, sans compter qu’ils sont moins susceptibles de s’inquiéter d’une éventuelle anomalie au niveau du sein. De plus, comme le tissu mammaire de l’homme est peu développé, il est plus difficile de le palper et donc de détecter tôt le moindre problème.

Les symptômes du cancer du sein chez l’homme sont comparables à ceux de la femme et, la plupart des cas masculins sont diagnostiqués à la découverte d’une grosseur. Contrairement aux femmes, cependant, les hommes ne consultent leur médecin que lorsque les symptômes deviennent sévères, comme des saignements au niveau du mamelon. À ce stade, le cancer peut déjà s'être propagé à d’autres organes. Les hommes ont également des difficultés à parler de leurs seins à leur médecin.

Facteurs de risque pour l’homme

Chez 20-25% des hommes qui développent un cancer du sein, il peut exister une anomalie génétique, une mutation du gène BRCA2. Dans d'autres cas, certains facteurs de risque peuvent être identifiés. Si un parent proche (homme ou femme) a eu un cancer du sein, le risque est plus élevé et ce risque augmente si plusieurs parents proches sont affectés; si l'un des parents affectés avait moins de 40 ans; ou si le cancer s'est propagé aux deux seins. Les enfants dont les pères ont le cancer du sein sont également plus susceptibles d’en présenter un.

De plus, le risque est plus élevé si les concentrations d’œstrogènes (hormones sexuelles féminines) sont élevées et les concentrations d’androgènes (hormones masculines) faibles, comme dans le cas du syndrome de Klinefelter (un trouble génétique rare qui touche les hommes, caractérisé par des anomalies génitales).

Les autres facteurs de risques sont liés à l’obésité qui augmente le risque de cancer du sein chez la femme et pourrait l’augmenter également chez l’homme. Les cellules adipeuses transforment les androgènes en œstrogènes, si bien que les hommes qui ont plus de cellules graisseuses ont un taux d’œstrogène plus élevé. L’homme qui a eu les oreillons à l’âge adulte accompagnés d’une inflammation d’un testicule a aussi plus de risques d’avoir un cancer du sein.

Impact

Chez l’homme comme chez la femme, les symptômes, le diagnostic et le traitement du cancer du sein sont en grande partie identiques.

En principe, les hommes ne sont pas candidats à une chirurgie pour l’ablation de la grosseur car le tissu mammaire est peu développé et la tumeur se situe le plus souvent près du mamelon. Les options thérapeutiques dépendent de l’évolution du cancer après son diagnostic. En général, le traitement comporte une mastectomie, qui consiste à enlever la totalité du sein atteint, avec ablation également des ganglions lymphatiques situés sous l’aisselle si le cancer s’est disséminé. La chirurgie est ensuite suivie d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie ou d’une hormonothérapie.

Bien que les procédures médicales soient les mêmes que pour les femmes, les soins de suivi sont radicalement différents pour les hommes. Il n’est en effet jamais question de reconstruction mammaire et rarement de discussion sur les retombées psychologiques du cancer. Pourtant l’impact psychologique du cancer du sein chez l’homme est considérable. Le soutien pendant et après le traitement est essentiel et il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Infographie Principaux facteurs de risque de cancer du sein chez l’homme Infographie Symptômes 

Références

  1. https://www.wcrf.org/dietandcancer/cancer-trends/breast-cancer-statistics
  2. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5903709/#cit0006