Une vie à reconstruire après un cancer du sein Virginie



Virginie témoigne à propos du cancer

A 52 ans, Virginie avait tout pour être heureuse. Mère de deux enfants et récemment remariée, l’avenir s’annonçait radieux. Mais un jour de février 2013, après un examen de routine, quand le diagnostic tombe, la vie s’écroule  « Je ne savais pas trop ce qui m’arrivait » dit Virginie. Volontaire, elle a lutté même si la maladie a chamboulé des pans entiers de son existence.

Cinq ans après, Virginie tire les enseignements de cette épreuve. Non, elle ne vit pas avec le souvenir du cancer mais oui çà a été difficile, et oui la maladie a bouleversé la  vie d’une famille qui venait tout juste de se recomposer.  Il y a eu les difficultés que le couple a dû surmonter : « Mon mari était solidaire mais affolé.  Je sais aujourd’hui que le conjoint a lui aussi besoin d’un accompagnement ». Un conjoint parfois oublié, mis sur la touche et qui peut avoir du mal à se positionner. « Le plus difficile pour lui a été de se retrouver avec une femme qui perd forcément de sa féminité et qui n’était plus tout à fait la même pendant les traitements ». 

Les relations avec les enfants, une fille et un garçon, ont, elles aussi, été bouleversées.  Il y a une blessure qui a du mal à cicatriser. C’est celle de la rupture avec son fils de 16 ans déstabilisé parce que dévasté par l’annonce de la maladie de sa mère : « Je ne pouvais pas gérer de front mes relations avec lui et mon combat contre la maladie. Il a dû aller vivre avec son père et je ne l’ai pas vu pendant 4 ans ».  De cette rupture, mère et fils éprouvent  encore aujourd’hui de la culpabilité, pour Virginie le sentiment d’avoir « abandonné » son enfant, et pour son fils, celui de ne pas avoir su s’occuper de sa mère.  Et même si le temps est venu de renouer le lien, ce lien est encore fragile. 

Avec le recul, Virginie pense que si son couple a tenu bon, si sa vie sociale n’a pas été impactée par la maladie, si elle a reçu de la  bienveillance,  c’est parce qu’elle a su rassurer ses proches tout au long des épreuves avec un optimisme contagieux et convaincant « Il faut oser en parler et ne pas rester seule» dit Virginie.  « Je ne dirai pas que ce cancer a été une chance, mais il a été bénéfique parce que j’ai su en faire quelque chose de positif. J’ai su m’en servir pour m’améliorer et surtout pour améliorer la vie des gens. Aujourd’hui, grâce à cette expérience, je peux rencontrer de très belles personnes au sein du réseau  dont je fais partie. J’ai appris à me connaître, à me savoir forte et j’ose m’affirmer ». 

Virginie est allée courir pour Octobre rose avec son mari et son fils, une magnifique occasion de panser les plaies en famille.