Le cancer : où en sommes-nous aujourd'hui ?

Le cancer, deuxième cause de décès dans le monde, touche la plupart d’entre nous, que ce soit directement ou indirectement. Bien qu’il demeure une cause de mortalité importante - presque neuf millions de décès en 20151 -, les progrès scientifiques importants réalisés ces dernières décennies se sont traduits par l’amélioration des chances de survie.

Infographie et chiffres clés à propos des progrès concrets pour les patients  Infographie et chiffres clés à propos des progrès concrets pour les patients

La bataille contre le cancer est néanmoins loin d’être gagnée : les experts prévoient une augmentation de 70% du nombre de cas au cours des 20 prochaines années et d’ici à 2030, le cancer devrait causer 13 millions de décès par an, soit une augmentation de près de 50%. Le cancer apparaît lorsque les cellules humaines grandissent de manière incontrôlable et se transforment en cellules tumorales, qui peuvent ensuite envahir d’autres parties de l’organisme et se disséminer dans d’autres organes. Son augmentation est due à plusieurs facteurs dont les mauvaises habitudes alimentaires et le vieillissement de la population mondiale ; les personnes âgées sont en effet davantage exposées au risque de développer différentes formes de cancer.

Le cancer peut toucher n’importe qui, indépendamment de son lieu de résidence, mais il entraîne une mortalité plus élevée dans les pays à revenu faible et intermédiaire où les services de dépistage et de soins de santé sont moins développés. Enfin, il ne se répercute pas seulement sur les patients, mais aussi sur leur entourage.

« Peu de temps après avoir appris que ma femme était enceinte, mon père a découvert qu’il avait un cancer du pancréas », se souvient Rick Gregory qui a travaillé 12 ans dans la recherche sur le cancer chez Sanofi Genzyme. « Il avait 70 ans, espérait vivre longtemps et passer du temps avec son petit-fils. Malheureusement, mon père ne verra pas son petit-fils grandir et mon fils ne connaîtra pas son grand-père.

« Peu de temps après avoir appris que ma femme était enceinte, mon père a découvert qu’il avait un cancer du pancréas », se souvient Rick Gregory qui a travaillé 12 ans dans la recherche sur le cancer chez Sanofi Genzyme. « Il avait 70 ans, espérait vivre longtemps et passer du temps avec son petit-fils. Malheureusement, mon père ne verra pas son petit-fils grandir et mon fils ne connaîtra pas son grand-père.

Ce genre d’expérience personnelle est souvent ce qui motive les chercheurs qui, comme Gregory, travaillent sur de nouvelles options de traitements.

Faire avancer les connaissances sur le cancer

Pendant des décennies, le cancer a été traité par chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie ou par l’association de ces différentes solutions thérapeutiques. Mais avec l’approfondissement des connaissances sur la génétique humaine, les chercheurs ont acquis une meilleure connaissance des mécanismes du cancer. Cela a permis de développer de nouveaux médicaments ayant pour but de cibler des cancers spécifiques pour arrêter leur progression. De fait, plus de 70 % des gains récents en termes de survie sont dus aux progrès thérapeutiques, y compris aux nouveaux médicaments.2

Infographie et chiffres clés sur les trois vagues de progrès en oncologie Infographie et chiffres clés sur les trois vagues de progrès en oncologie

Des traitements traditionnels aux nouvelles thérapies

Le terme de « cancer » ne s’applique pas seulement à une seule maladie - les chercheurs estiment en effet qu’il existe des centaines de cancers différents qui affectent les humains.

Cela complique d’autant plus son traitement puisque le cancer n’est pas un agresseur externe, comme un virus. « Le cancer vient de nous, il apparait lorsque nos propres cellules commencent à se transformer de manière incontrôlée », explique Joanne Lager, Responsable, Développement en oncologie de Sanofi. « Contrairement à un agent infectieux, qui doit d’abord entrer dans l’hôte et le coloniser, le cancer fait partie de l’hôte. »

C’est pourquoi les chercheurs font appel à de nouvelles méthodes pour traiter le cancer – des méthodes qui mobilisent le propre système immunitaire de l’organisme pour lutter contre les dangers complexes tapis dans chaque tumeur. « Nous possédons aujourd'hui une connaissance approfondie de la biologie des cellules tumorales », explique Laurent Debussche, Responsable, Recherche en oncologie de Sanofi, soulignant que les nouvelles technologies permettent aux chercheurs d’analyser d’immenses quantités de données génétiques sur le cancer.

Un patient discutant avec son médecin du cancer Un patient discutant avec son médecin du cancer

De retour dans un domaine où l’entreprise s’est déjà illustrée par ses innovations thérapeutiques, Sanofi inscrit de nouveau la recherche sur le cancer au premier rang de ses priorités. L’entreprise investit dans de nouvelles technologies et modalités thérapeutiques pour répondre aux besoins non satisfaits considérables des patients et va transformer en profondeur son portefeuille en oncologie au cours des cinq prochaines années. Sanofi se concentre en particulier sur le développement de médicaments capables de mobiliser le système immunitaire de différentes manières grâce à des mécanismes d’action novateurs traitant les tumeurs.

« Les cancers progressent très rapidement et évoluent très facilement. Ils peuvent muter et développer des résistances aux traitements », explique Joanne Lager. « C’est pour cette raison qu’il faut trouver différents moyens de s’attaquer à la tumeur et qu’il faut réfléchir à la manière de combiner différentes thérapies. »

« La science demande de la curiosité. Il y a des moments où on est transporté, parce qu’on sait quelque chose que personne d’autre au monde ne sait », déclare Gregory. « L’idée que l’on puisse traduire ces connaissances en médicaments pour aider les patients est une force qui nous anime et une immense source de motivation et d’enthousiasme. »

La complexité du cancer

Pour lutter contre un ennemi aussi complexe, il faut d’abord mieux comprendre les mécanismes du cancer et déterminer comment il parvient à duper le système immunitaire - un mécanisme de défense extrêmement évolué dont le rôle est d’identifier et de détruire les menaces comme les infections ou le cancer.

Un des principaux « bras armés » de ce mécanisme de défense naturelle, ce sont les lymphocytes T, qui constituent une population particulière de globules blancs. Lorsque les lymphocytes T rencontrent une tumeur, ils peuvent l’attaquer et la détruire. Toutefois, pour s’assurer que les lymphocytes T ne détruisent pas les cellules saines, l’organisme a développé ce que l’on appelle un « mécanisme de point de contrôle immunitaire ».

Les lymphocytes T sont porteurs d’une protéine connue sous le nom de PD-1 (ou protéine-1 de mort cellulaire programmée) et les cellules normales, d’une protéine nommée PD-L1. Ces deux protéines se lient ensemble et font office de mécanisme de sécurité ou de « point de contrôle » immunitaire pour empêcher les lymphocytes T de détruire les cellules dont notre organisme a besoin. Certaines tumeurs, toutefois, produisent également des protéines PD-L1 en grande quantité, ce qui dupe les lymphocytes T et les empêchent de s’attaquer au cancer.
« Tout l’enjeu, pour les chercheurs, revient donc à développer des médicaments qui empêchent le déclenchement du mécanisme de « point de contrôle » et réactivent le système immunitaire. Ces médicaments, appelés inhibiteurs du point de contrôle (checkpoint) immunitaire, bloquent soit les protéines PD-L1 sur les cellules cancéreuses, soit les protéines PD-1 sur les lymphocytes T. En bloquant l’une ou l’autre de ces protéines, les « freins » du système immunitaire sont relâchés et on augmente ainsi l’aptitude des lymphocytes T à détruire les cellules cancéreuses »
Alexander Zehnder, Responsable Monde, Oncologie de Sanofi Genzyme
Infographie sur l’exemple d’un point de contrôle immunitaire Infographie sur l’exemple d’un point de contrôle immunitaire
Le succès des études cliniques de phase précoce pour les inhibiteurs du point de contrôle comme le anti-PD(L)1 et le anti-CTLA4 a entraîné un intérêt renouvelé pour l’immunothérapie appliqué au traitement du cancer. Malheureusement, seule une petite proportion de patients cancéreux bénéficient d’un traitement par inhibiteur du point de contrôle (checkpoint) immunitaire et jusqu’à 80 % d’entre eux n’y répondent pas ou n’y répondent pas suffisamment. L’un des enjeux majeurs en oncologie clinique, ainsi qu’en recherche, est de trouver les moyens de surmonter cette résistance. Les chercheurs de Sanofi travaillent pour apporter des réponses.

« Chez Sanofi, nous cherchons tout particulièrement à comprendre pourquoi le traitement par inhibiteurs du point de contrôle (checkpoint) ou par d’autres immunothérapies est bénéfique à certains patients cancéreux et pas à d’autres, » explique Dmitri Wiederschain, Responsable Recherche, Aire Thérapeutique Immuno-Oncologie. « Pour mieux comprendre cette différence en termes de réponse clinique, Sanofi a rejoint d’importants partenariats public privé en Europe (Initiative pour les médicaments innovants) et aux États-Unis (Partnership for Acceleration of Cancer Therapeutics) pour étudier des échantillons de patients ayant pris part à des essais cliniques d’immunothérapies et analyser en détail leurs caractéristiques moléculaires. Sur la base des connaissances recueillies, nous cherchons à concevoir de nouvelles immunothérapies et à proposer de nouvelles associations entre les différents médicaments existants.

Les connaissances gagnées auprès des patients sont la base pour tout ce que nous faisons en immuno-oncologie chez Sanofi. Ainsi, les chercheurs ont découvert que l’une des raisons pour lesquelles certaines tumeurs résistaient aux inhibiteurs du point de contrôle (checkpoint) tenait à ce qu’elles produisaient trop de molécules TGF-β, sachant que cette molécule a la particularité de rendre les tumeurs invisibles au système immunitaire. Par conséquent, nous faisons de la recherche sur des traitements qui bloquent le TGF-β. L’autre pierre angulaire de notre stratégie en immuno oncologie est le concept des « cibles multiples ». Nous cherchons en effet à concevoir des traitements qui peuvent cibler simultanément plusieurs mécanismes de réactivation de nos défenses immunitaires contre la tumeur. Nous espérons que ces nouveaux médicaments aideront notre système immunitaire à attaquer la tumeur sous tous ses angles.»

Zoom sur une cellule cancéreuse Zoom sur une cellule cancéreuse

L’engagement renouvelé de Sanofi dans la recherche sur le cancer

Nos activités de recherche et développement en oncologie se concentrent actuellement sur trois domaines clés :
  1. L’immunothérapie, y compris les inhibiteurs du point de contrôle (checkpoint) immunitaire, pour évaluer la capacité du système immunitaire à lutter contre la maladie de manière plus efficace.
  2. Les progrès réalisés en génétique pour mieux comprendre les différences subtiles entre des cancers apparentés afin de les traiter de manière à la fois différente et plus efficace. Par exemple, il y a 20 ans, les chercheurs en oncologie considéraient le cancer du poumon comme une maladie unique – et le traitaient comme tel. Aujourd'hui, grâce à la génétique, il est possible d’identifier des « biomarqueurs » uniques sur les cellules des tumeurs cancéreuses du poumon. Le cancer du poumon est désormais considéré comme une maladie multiple. Ces connaissances pourraient permettre de développer plusieurs thérapies ciblées.
  3. Le rôle central que jouent les hormones sexuelles dans les cancers du sein et de la prostate. Les chercheurs comprennent désormais comment le ciblage novateur des récepteurs des hormones sexuelles peut permettre de développer de nouveaux traitements contre le cancer du sein et de la prostate. Par exemple, dans le cancer du sein métastatique, les médicaments au nom de Selective Estrogen Receptor Downregulators ou SERD ouvrent la voie à de nouveaux traitements contre l’une des formes les plus mortelles de cancer du sein.
  4. En plus des recherches que nous menons en propre, nous collaborons avec d’autres entreprises spécialisées dans le cancer comme Regeneron en immuno-oncologie.

Références

  1. http://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/cancer, dernier accès août 2018
  2. QuintilesIMS, ARK R&D Intelligence, February 2017; WHO Cancer Database, March 2017; QuintilesIMS, March 2017; IQVIA, ARK R&D Intelligence, February 2017; IQVIA Institute for Human Data Science, March 2017