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La voie rapide (et intense) : l’approbation accélérée, plus loin et plus vite pour les patients

Publié le: 3 avril 2026

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Deux personnes en conversation face à la Tour Eiffel devant de grandes baies vitrées en arrière-plan.
Anasthasia Airom, Affaires juridiques, et Christian Attie, People & Culture, Paris, France

Pendant la course engagée pour contenir la propagation du virus SARS-CoV-2, la cadence et le contenu de la collaboration entre la FDA et les fabricants de vaccins ont atteint de nouveaux sommets. « Il est clairement apparu que le directeur de division de la FDA, les universitaires, les autres autorités mondiales de réglementation sanitaire et la R&D pharmaceutique poursuivaient tous le même but : enrayer une pandémie qui se répandait comme un feu de forêt », indique Peggy Lipp, Responsable Monde des affaires réglementaires et directrice en chef de la Réglementation chez Sanofi. Face à une pression intense, les agences réglementaires, les scientifiques, les entreprises de biotechnologie et les laboratoires pharmaceutiques ont uni leurs forces pour accélérer le développement et l’autorisation de vaccins. Le monde entier a suivi cette course, et s’est largement familiarisé avec les différentes formes d’approbation accélérée des médicaments.

Des années plus tard, nous continuons de débattre de la question de savoir comment concilier accès plus rapide des patients aux médicaments sans compromettre la production et les examens approfondis de données en matière de sécurité et d’efficacité.

Face à des pathologies pour lesquelles il existe un besoin urgent et sans traitement autorisé, nous demandons la possibilité de bénéficier de procédures d’approbation accélérée.
Peggy Lipp

Peggy Lipp

Responsable Monde des affaires réglementaires et Directrice en chef de la Réglementation, Sanofi

Et nous ne sommes plus les seuls à faire cette demande. Véritable changement de paradigme pour notre secteur, la communauté des patients ne se contente plus de réclamer des procédures d’approbation accélérée à la FDA ; elle impulse carrément le changement, contribuant aux décisions réglementaires et se mobilisant pour exiger un accès rapide aux traitements vitaux. Ses efforts constituent désormais une force puissante, qui façonne les politiques et oblige l'industrie à répondre aux besoins médicaux urgents. « Bien qu'une vitesse comparable à celle vécue lors d'une pandémie ne soit pas envisageable, on applique aujourd’hui un grand nombre des enseignements en matière de réglementation tirés de la COVID-19 », déclare Lipp.

Bousculer le statu quo : les programmes accélérés de la FDA, nouvel espoir pour les patients

Au terme des longues années de développement et d’essais cliniques dont il fait l’objet, tout nouveau traitement s’accompagne d’un vaste ensemble de données que les laboratoires soumettent à l’appréciation des autorités de réglementation. La plupart des nouveaux médicaments suivent un processus d’examen et d’approbation standard qui repose sur des évaluations approfondies de la sécurité, de l’efficacité et de la qualité de fabrication, nécessitant généralement 10 à 12 mois. La procédure rassemble des experts issus de divers milieux scientifiques qui évaluent différentes facettes du médicament, analysent les données cliniques, inspectent les sites de fabrication et mènent des analyses approfondies pour parvenir à une conclusion. Mais de nouvelles procédures accélérées ont été instituées par la FDA pour réduire ce délai à six mois, voire moins, afin que les médicaments approuvés puissent bénéficier plus rapidement aux patients qui en ont besoin. En 2024, 33 des 50 autorisations de nouveaux médicaments du Centre d’évaluation et de recherche sur les médicaments (CDER) (66%) ont profité d’une ou de plusieurs de ces procédures accélérées, et autant en 2025, 33 des 46 approbations de nouveaux médicaments du CDER (72%) ayant cette fois bénéficié de ces mécanismes plus rapides. 

Infographie intitulée « Approbations accélérées : Aller plus vite et plus loin pour les patients ». Données clés : Le calendrier normal d'examen de la FDA est de 10 à 12 mois, tandis que l'examen accéléré prend 6 mois ou moins. En 2024, 66 % des approbations du CDER ont emprunté des voies accélérées ; ce chiffre est passé à 72 % en 2025. Chaque examen implique 200 à 1000 questions de la FDA, auxquelles répond une équipe coordonnée disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le dossier thérapeutique soumis à la FDA va généralement de 5000 à 15000 pages. Sanofi a plus de 90 mécanismes accélérés approuvés aux États-Unis.

L'accélération de l'accès aux traitements vitaux via les procedures d'approbation accélérées requiert une action coordonnée pour optimiser les délais

La menace imminente d’une maladie infectieuse n’est pas la seule raison susceptible de justifier un examen accéléré. Il peut y avoir aussi les cancers pour lesquels il n’existe aucune thérapie efficace ou seuls des traitements limités, les maladies rares pour lesquelles on n’a que peu ou pas de solutions thérapeutiques autorisées, les troubles neurologiques pour lesquels les seules options de traitement sont réduites et même parfois, des médicaments offrant une meilleure amélioration par rapport aux thérapies existantes.

Se préparer au sprint : vers un examen réglementaire accéléré

L’obtention d’une procédure d’examen accéléré suppose une préparation minutieuse.

Nous engageons d’abord une étroite collaboration et une mobilisation totale de toutes les forces vives, pour que des équipes entières se montrent à la hauteur de ces examens si particuliers.

Peggy Lipp

Responsable Monde des affaires réglementaires et directrice en chef de la Réglementation, Sanofi

Pour accéder à ces procédures accélérées, les parrains sont tenus de fournir des données importantes et de démontrer avec force documents à l’appui pourquoi ils considèrent que tel ou tel médicament mérite de bénéficier d’un traitement prioritaire. La FDA peut aussi identifier des médicaments ou des produits thérapeutiques dont elle estime qu’ils méritent d’être considérés comme prioritaires.

L’Agence examine ensuite la demande pour déterminer si le médicament et la ou les indications y afférentes remplissent ou pas les conditions requises pour bénéficier d’une procédure accélérée. Toujours d’après Madame Lipp, en raison de la charge de travail considérable que représente cette démarche, seul un nombre limité de traitements sont retenus. Les parrains « doivent prouver que l’effort consenti par la FDA peut comporter de réels avantages pour les patients. » Si la FDA accepte le dossier de justification et les données du parrain, elle autorise la procédure accélérée, ouvrant alors la voie à un processus d’examen plus rapide et, pour les patients, à un accès au médicament plus rapide que par la voie normale.

Tous sur le pont ! Les modalités intenses et rigoureuses de l’examen réglementaire accéléré

Une fois la procédure accélérée accordée, le dossier thérapeutique – une liste exhaustive de documents soumis à la FDA, comptant souvent entre 5 000 et 15 000 pages chacun – fait l’objet d’un examen scrupuleux. Comme pour les examens standard, des experts de l’Agence évaluent les données tout au long du parcours de recherche et développement d’un traitement, mais à un rythme plus soutenu. Depuis les études de pharmacodynamique sur la manière dont les différentes doses de médicaments sont traitées dans l’organisme, jusqu’aux données précliniques issues de lignées cellulaires, en passant par la qualité et le contrôle de fabrication jusqu’aux résultats des essais cliniques, les employés de la FDA analysent en parallèle une quantité considérable d’informations, ce qui les amène à poser des questions qui appellent des réponses rapides.

« Nous recevons habituellement un minimum de 200 questions pendant l'examen », explique Lipp, un nombre qui peut facilement atteindre le millier de questions auxquelles l'équipe pluridisciplinaire s'engage à répondre rapidement. « Ainsi, dans le cadre du CNPV (Programme national de bons prioritaires du Commissaire ou Commissioner’s National Priority Voucher), nous nous sommes engagés auprès de la FDA à ce que nos équipes travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. » En l’occurrence, pour le projet en question, il s’est effectivement agi d’un sprint : « Nous recevions les questions à 23 h le samedi et les réponses étaient attendues le dimanche vers la mi-journée. »

Même si l’examen est plus rapide, la FDA applique les mêmes normes rigoureuses pour démontrer la sécurité, la qualité et l’efficacité des médicaments. Le processus d’examen réunit toujours des experts issus de divers milieux scientifiques qui évaluent différents aspects du médicament, analysent les données cliniques, inspectent les sites de fabrication et mènent des analyses approfondies pour parvenir à une conclusion.

Mais l’approbation accélérée ne signifie pas la fin de la recherche sur la sécurité et l’efficacité – nous devons continuer à surveiller l’utilisation du médicament pour prouver son bénéfice clinique à long terme pour qu’il conserve son statut approuvé.

Un effet domino : tirer des leçons et se concentrer sur l’efficacité

Les difficultés liées aux procédures d'approbation accélérée ont incité Lipp et son équipe à repenser leurs pratiques habituelles. Face à des évaluations rapides et rigoureuses, il est essentiel de rationaliser les données et de bien réfléchir à ce qui compte vraiment. Des essais cliniques de plus grande envergure, comportant davantage de points de données et nécessitant une participation accrue des patients et des ressources plus importantes, ne sont pas nécessairement bénéfiques aux patients et peuvent ralentir le processus d'évaluation. Ces considérations peuvent également contribuer à orienter la conception des essais cliniques pour les thérapies ne passant pas par des voies d'approbation accélérées.

Nous ne voulons pas surcharger inutilement les patients et générer un excès de données. Il nous faut tout faire pour réduire la taille des études et raccourcir le temps nécessaire pour soumettre de nouvelles thérapies à l’évaluation.

Peggy Lipp

Responsable Monde des affaires réglementaires et directrice en chef de la Réglementation, Sanofi

À l’avenir, Lipp espère que Sanofi continuera à utiliser la modélisation et la simulation basées sur l’IA, en s’appuyant sur les jumeaux numériques et les données du monde réel pour optimiser les essais cliniques et les soumissions réglementaires.

Au-delà des essais individuels ou de la conception des programmes, Sanofi considère l’ensemble de son portefeuille pour décider ou pas de demander des approbations accélérées. Les voies rapides et les désignations réglementaires spéciales—telles que la désignation de médicament orphelin ou la désignation de thérapie avancée en médecine régénérative— Ces voies d'accès accélérées ne sont pas mises en œuvre de manière opportuniste, mais de façon délibérée, en fonction de leur capacité à accélérer significativement l'accès des patients aux traitements. Avec plus de 90 voies approuvées aux États-Unis et autres demandes en cours d'examen, cette possibilité est désormais intégrée à l'ensemble du processus de développement, garantissant ainsi que les considérations de rapidité, de rigueur scientifique et de respect de la réglementation soient prises en compte de manière simultanée, précoce et fréquente.

Le régulateur comme partenaire

Lipp, responsable de la Réglementation chez Sanofi, qui compte près de trente années d’expérience dans son domaine, souligne à quel point il est important de pouvoir travailler avec des équipes agiles et engagées.

Aucun scénario réglementaire n’est identique à un autre. Nous devons être prêts à apprendre, à réfléchir et à nous adapter rapidement, à déterminer la stratégie idoine et à associer les experts compétents. L’enjeu est important : les patients attendent.

Peggy Lipp

Responsable Monde des Affaires réglementaires et directrice en chef de la Réglementation, Sanofi

Lipp constate également que les autorités de réglementation sont de véritables partenaires dans le cadre de ces procédures accélérées. « La FDA est tout aussi intéressée à mettre plus rapidement les médicaments innovants à la portée des patients qui en ont besoin et tout à fait disposée à collaborer pour parvenir à ce résultat. » « Opter pour une procédure accélérée est une décision consciente et stratégique », indique Lipp. « C’est un effort intense et total pour nos équipes. Mais s’agissant de pathologies où les patients comptent les jours, ce travail supplémentaire est précisément la raison pour laquelle nous sommes là. Il s’agit d’un outil essentiel et, lorsque les conditions s’y prêtent, nous nous devons d’y recourir pour apporter plus tôt un nouvel espoir aux patients. »

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