Women@Sanofi



Conversation avec… Sandra Silvestri, Senior Vice-Président, Affaires Médicales Globales, Médecine Générale et Marchés Émergents, Sanofi

Women@Sanofi rend hommage aux femmes qui font carrière chez Sanofi et  travaillent avec passion et engagement avec leurs équipes pour proposer des solutions de santé à toutes et à tous, partout dans le monde. Au travers d’entretiens avec certaines d’entre elles, vous  découvrirez leur personnalité, leurs motivations et la riche diversité des cultures et points de vue qu’elles incarnent.  Ces femmes vont de l’avant, repoussent les frontières du possible et sont à elles toutes l’incarnation de notre engagement et des actions que nous menons pour favoriser l’égalité hommes-femmes.

Sandra est médecin et s’est spécialisée en endocrinologie et maladies métaboliques. Elle est également titulaire d’un doctorat (Ph.D.) en médecine interne et maladies cardiovasculaires et d’une maîtrise en génétique, rhumatologie et maladies osseuses métaboliques.  Elle a débuté sa carrière dans la recherche en endocrinologie et immunologie à Florence avant de partir pour le Danemark. Elle a ensuite dirigé un service d’endocrinologie et de diabétologie en milieu hospitalier. En 2005, elle rejoint le secteur pharmaceutique en Italie au poste de médecin-chercheur senior en médecine interne. En 2012, elle accepte un poste dans la R&D et les Affaires Médicales à Indianapolis. Elle a ensuite été nommée directrice médicale d’Eli Lilly pour l’Italie et tous les pays d’Europe Centrale et du Sud. Sandra a rejoint Sanofi en 2015 au poste de Vice-présidente et responsable des affaires médicales européennes. En 2016, elle a été nommée senior vice-présidente et responsable des affaires médicales internationales pour la business unit médecine générale et marchés émergents. Elle reste très active dans le  milieu universitaire et exerce les fonctions de professeur à la faculté de médecine de l’Université de Florence.

Avez-vous toujours voulu être médecin ?

Je voulais être chanteuse, mais j’ai dû rapidement affronter la réalité et me rendre à l’évidence : je n’avais aucun talent pour le chant. J’étais ambitieuse et très combative. Je suis la plus jeune de trois filles. Mes deux sœurs aînées étaient des dures à cuire, si bien que j’ai dû me battre contre elles pour faire ma place ! Ensuite, je suis tombée amoureuse de la science et j’ai pris la décision d’étudier la médecine, pour faire quelque chose de pertinent et avoir un impact sur la vie des gens.

Je suis endocrinologue et j’ai dirigé un service de diabétologie dans un hôpital avant de rejoindre le secteur pharmaceutique.

Qu’est-ce qui vous amenée à Paris ?

J’ai passé quelques années au Danemark, le premier pays étranger où j’ai vécu et dont je ne parlais pas la langue. Une fois encore, j’ai dû faire ma place. Ce fut une expérience formidable. Ensuite, après avoir rejoint le secteur pharmaceutique, j’ai une la possibilité de partir pour Indianapolis pour mon travail. Ce fut également une bonne chose pour notre famille, pour les enfants -- une expérience qui leur a ouvert l’esprit --, et aussi pour ma carrière. Lorsque l’opportunité de rejoindre Sanofi à Paris s’est présentée, nous avons décidé de nous installer en France plutôt que de rester à Indianapolis.

Comment s’est passé le déménagement ?

Après les États-Unis, je pensais que s’installer en France serait facile, compte tenu des nombreux points communs qui existent historiquement entre les Italiens et les Français. Mais je me suis trompée. La plus grande difficulté a été de s’acquitter de toutes les démarches administratives sans parler la langue. Quelle paperasse ! Ça n’a pas été facile.

Et comment va votre français ?

Je m’améliore. Je comprends presque tout et je peux parler français avec mes amis mais au travail, je préfère m’exprimer en anglais.

Chez Sanofi, vous faites partie du Gender Balance Board…

Oui, nous avons un Gender Balance Board et un Leadership Network, dont j’ai le plaisir de coordonner les actions. L’an dernier, nous avons défini précisément la vision de l’entreprise, notre stratégie sur la parité hommes-femmes, la feuille de route et les mesures concrètes à prendre pour y parvenir. Je suis plutôt fière de ce que nous avons accompli jusqu’à présent. Un certain nombre d’actions ont été menées comme les campagnes de formation et d’engagement ; les politiques de l’entreprise ont aussi été modifiées afin de mieux concilier  vie professionnelle et vie familiale. De nombreux autres projets sont dans les tuyaux et nous devrions en voir les résultats très bientôt.  

J’ai toujours connu le sexisme. J’ai une fille et je ne veux pas qu’elle vive la même expérience, qu’elle livre les mêmes batailles, qu’elle soit obligée d’en faire deux fois plus pour prouver sa valeur ou encore qu’elle ait moins de droits ou accès à moins d’opportunités que son frère.

Y a-t-il des différences entre l’Italie, la France et les États-Unis en ce qui concerne la parité hommes-femmes ?

L’Italie est un pays très traditionnel, surtout en ce qui concerne la famille. Je pense que c’est assez semblable en France. Les États-Unis sont plus avancés sur ce plan. Mais au travail, je pense que ces trois pays sont plus au moins au même niveau.

Sur le plan personnel, nous avons choisi en famille de changer de pays et pour cela, mon mari a dû quitter son emploi. Etant Italien, ça n’a pas été facile pour lui mais c’était le bon choix à faire pour la famille, pour les enfants et il m’a toujours  soutenu professionnellement. 

Que faites-vous lorsque vous ne travaillez pas ?

Je suis une personne très curieuse ; j’aime l’art, le sport, les musées, le cinéma et la cuisine. J’adore apprendre et étudier. Lorsque j’aurai du temps, j’aimerais étudier quelque chose de nouveau, une discipline scientifique, la philosophie, la physique ou quelque chose de complètement différent. 

J’adore participer à des concours de pêche avec mes enfants. C’est l’occasion d’être ensemble. Nous pêchons partout, dans les lacs, la mer, les rivières. À Paris, nous pêchons dans la Seine, mais nous ne consommons que les poissons que nous avons pêchés en mer.

Le succès pour vous, c’est quoi ?

Être bien avec soi-même, aimer ce que l’on fait, faire quelque chose en accord avec ses valeurs, sentir qu’on apporte vraiment de la valeur et avoir un impact. Ce qui me rend heureuse en tant que médecin, c’est améliorer et changer la vie des gens.

Quel est le dernier livre que vous ayez lu et qui vous a marquée ?

En avant toutes : les femmes, le travail et le pouvoir de Sheryl Sandberg. Un livre très intéressant dans lequel je me suis vraiment reconnue. J’ai pris plusieurs notes sur la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, le soutien dont on a besoin au quotidien, la parité qu’il faut mettre en place à la maison pour partager équitablement les tâches. Je consulte régulièrement ce livre et je relis mes notes.

Le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?

Ne jamais renoncer, même dans l’adversité, même si vous pensez ne pas pouvoir y arriver. Même si vous échouez. C’est l’occasion d’apprendre quelque chose. J’ai décidé de rejoindre le secteur pharmaceutique parce que c’était un défi et parce que c’était le milieu dans lequel je souhaitais travailler. J’ai dû aussi relever un autre défi lorsque je travaillais comme urgentiste, que je devais me déplacer en hélicoptère et que je me suis rendue compte que j’étais enceinte ! Ce n’était pas facile, mais j’y suis arrivée quand même.

Avez-vous retenté le chant ?

Oui, bien sûr. J’ai aussi pris des cours, mais mon professeur de chant a fini par me dire que je chantais comme une casserole. C’était vraiment sans espoir. Cela dit, j’aimerais bien un jour m’y remettre sérieusement. Reprendre des cours pour finalement y arriver !