Journée mondiale contre la polio : la polio presque hors de vue mais jamais hors d’esprit

Les cas de polio sont rares de nos jours, mais les acteurs mondiaux de la santé publique ne doivent pas baisser la garde pour autant. C’est une maladie complexe : tant qu’un seul enfant reste infecté par le poliovirus, tous les enfants dans le monde peuvent être à risque de le contracter.

Celui-ci a toutefois été considérablement réduit grâce à l’Initiative mondiale pour l’éradication de la polio (GPEI), lancée en 1988 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et plusieurs partenaires. Le GPEI, dont l’objectif ambitieux est d’éradiquer une maladie qui a paralysé plus de 350 000 enfants dans 120 pays, a diminué le nombre de cas de polio paralytique de 99,9 % et a permis à 18 millions de personnes d’éviter la paralysie.1

Cependant, la maladie a connu une résurgence dans certaines régions du monde ces dernières années, notamment en raison de guerres, de conditions socio-économiques défavorables et de l’incapacité de certains pays à fournir les vaccins nécessaires. « L’inquiétude grandit depuis quelques années », déclare Nadia Minarovic, experte médicale mondiale des vaccins pédiatriques et antipoliomyélitiques chez Sanofi Pasteur. « De nouveaux cas de polio ont été signalés dans 20 pays, passant de 138 cas dans le monde en 2018 à 541 en 2019, et probablement une nouvelle hausse en 2020.2,3 C’est une réelle préoccupation qui doit nous faire comprendre que nous ne devons pas baisser la garde dans la lutte contre la polio. » 

Par ailleurs, des millions d’enfants sont exposés à plusieurs maladies infantiles évitables, dont la polio, à cause de la pandémie de COVID-19. En effet, l’OMS estime que la perturbation des programmes de vaccination systématique impactera au moins 80 millions d’enfants âgés de moins d’un an.4

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Une infection complexe

« L’une des raisons qui compliquent la lutte contre la polio est que le virus se transmet via le tube digestif ; il est très contagieux et difficile à contenir en l’absence de vaccin », explique Nadia Minarovic. 

Dans la plupart des cas, le corps élimine le poliovirus sans conséquences graves, mais chez environ 10 % de la population (principalement des enfants âgés de moins de cinq ans), l’infection provoque de la fièvre, des vomissements et des douleurs. La paralysie irréversible ou le décès concerne 1 % des personnes infectées.5,6

Dans de nombreux pays en développement, les programmes de santé publique s’appuient sur le vaccin oral antipoliomyélitique (OPV), qui contient des virus vivants mais atténués, suivi d’une ou plusieurs doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (IPV) injectable. Les vaccins IPV sont particulièrement efficaces pour protéger de la polio, mais les vaccins OPV empêchent la transmission du poliovirus via le tube digestif et sont généralement plus faciles à administrer au sein des populations isolées ou défavorisées.

Nadia Minarovic, experte médicale mondiale des vaccins pédiatriques et antipoliomyélitiques chez Sanofi Pasteur

« Nous sommes à deux doigts d'éliminer ce fléau mondial ; nous ne pouvons pas relâcher nos efforts maintenant. »

Nadia Minarovic, experte médicale mondiale des vaccins pédiatriques et antipoliomyélitiques chez Sanofi Pasteur

Toutefois, si l’administration  du vaccin oral antipoliomyélitique (OPV) ne respecte pas strictement les recommandations, de graves complications peuvent survenir. Lorsque la couverture vaccinale est faible au sein d’une population, le virus vivant atténué contenu dans l’OPV peut circuler parmi les personnes non vaccinées, puis muter et entraîner des épidémies de polio.6

« C’est pourquoi, quelle que soit la solution choisie, il est absolument essentiel d’administrer le nombre total de doses recommandé afin de garantir une protection optimale des personnes et populations contre la polio et de limiter au maximum le risque d’épidémie », ajoute Nadia Minarovic. « Nous devons maintenir une couverture vaccinale élevée si nous voulons éradiquer la polio pour de bon. »  

Depuis 40 ans, Sanofi Pasteur fournit des milliards de doses de vaccin contre la polio, dont des centaines de millions sous forme de don pour contribuer à l’éradication de la maladie. La société continue de développer et de fournir des vaccins IPV dans le monde entier et soutient les programmes de vaccination contre la polio.  

« Nous sommes à deux doigts d’éliminer ce fléau mondial ; nous ne pouvons pas relâcher nos efforts maintenant », conclut Nadia Minarovic.  

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Références

  1. http://polioeradication.org/who-we-are/our-mission/ (consulté pour la dernière fois le 29 juillet 2020)
  2. http://polioeradication.org/polio-today/polio-now/this-week/ (consulté le 2 juin 2020) 
  3. http://polioeradication.org/polio-today/polio-now/this-week/circulating-vaccine-derived-poliovirus/ (consulté le 2 juin 2020)
  4. https://www.who.int/news-room/detail/22-05-2020-at-least-80-million-children-under-one-at-risk-of-diseases-such-as-diphtheria-measles-and-polio-as-covid-19-disrupts-routine-vaccination-efforts-warn-gavi-who-and-unicef (consulté pour la dernière fois le 3 septembre 2020) 
  5. WHO Introduction to Poliomyelitis and the Global Polio Eradication Initiative https://openwho.org/courses/polio-introduction 
  6. Principaux repères de l’OMS mis à jour le 22 juillet 2019 https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/poliomyelitis (consulté le 2 juin 2020)

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