Des enfants africains en train de chanter

Les drones et les jeux vidéo contributeurs à la lutte contre le paludisme ?

Les progrès dans la lutte contre le paludisme, la maladie la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité, marquent le pas. C’est pourquoi, lors de la Journée mondiale contre le paludisme 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mobilise la communauté internationale pour repousser les limites de la créativité et de la technologie, relancer la lutte, et donner aux communautés les plus touchées les moyens nécessaires pour vaincre le paludisme.

Engagés de longue date sur plusieurs fronts de la lutte contre cette maladie, nous avons intensifié nos efforts et renforcé notre programme plusieurs fois primé « Écoliers contre le paludisme ». Dans la région du Mékong, en Asie du Sud-Est, nous étudions également la possibilité de distribuer des médicaments et kits de diagnostic au moyen de drones, ce qui permettrait de mettre en place une chaîne d’approvisionnement véritablement agile dans une zone où les cas de paludisme résistant aux médicaments connaissent une progression inquiétante après 15 ans de progrès réguliers.

En 2016, dans 91 pays, 5 millions de cas de paludisme supplémentaires ont été rapportés par rapport à l’année précédente et l’OMS constate qu’aucun progrès significatif n’a été accompli en matière de réduction des cas de paludisme entre 2015 et 2017. L’Organisation évalue à 435 000 le nombre de décès dus au paludisme en 2017, un chiffre « pratiquement inchangé » par rapport à l’année précédente.

Le paludisme est une maladie complexe. Le parasite qui en est à l’origine est transmis à l’homme par des piqûres de moustiques Anopheles infectés. Le parasite colonise et détruit les globules rouges provoquant de brusques accès de fièvre et de fatigue, ainsi que des céphalées, des frissons et des vomissements, etc. Ces crises peuvent provoquer une anémie sévère, des convulsions, un coma, des insuffisances rénales, voire le décès. 

Les moustiques, vecteurs du parasite, sont difficiles à éliminer dans les zones habitées surtout celles qui sont isolées et défavorisées. Dans les villages reculés et pour les populations nomades, la chaîne d’approvisionnement en traitements et outils de diagnostic est le facteur clé.

Les cinq pays qui forment la région du Mékong, le Laos, le Vietnam, le Cambodge, le Myanmar et la Thaïlande, sont difficilement accessibles pendant la saison des pluies et la zone est connue pour abriter des souches de paludisme résistantes aux médicaments. C’est pourquoi Sanofi a noué un partenariat avec l’entreprise française de fabrication de drones  Atechsys et avec le soutien des ONG locales et des autorités gouvernementales pour développer un système de livraison par drones, dénommé Faster2Care, économique, facile à déployer et à utiliser.

« Nous en sommes encore au stade de la preuve de concept » indique François Desbrandes, Responsable Accès aux soins pour les plus démunis, Sanofi Responsabilité Sociale de l’Entreprise. « Des vols d’essai ont été effectués en France, mais pas encore dans la région du Mékong »  poursuit-il.

Différentes souches de paludisme répondent à différents médicaments et associations de médicaments et la situation évolue constamment. Les drones pourraient rendre la chaîne d’approvisionnement suffisamment agile et permettre de renforcer la lutte contre les souches les plus virulentes, en les empêchant d’évoluer et de se propager dans d’autres pays ; ils pourraient aussi contribuer à réduire les stocks et le gaspillage et à effectuer plusieurs trajets rapides pour distribuer des médicaments différents en cas d’échec thérapeutique.

« Les priorités actuelles sont la simplicité et la rentabilité » souligne François Desbrandes. Des petits drones de type hélicoptère pourraient larguer des colis de moins de deux kilos par parachute, évitant ainsi les décollages et atterrissages dans la zone ciblée. « C’est à la fois sûr pour les drones et pour les populations locales et il n’est pas nécessaire de former des agents pour relancer ou piloter les drones », explique-t-il.

Un drone survolant un parking

Accéder aux populations est un des obstacles à l’éradication, la sensibilisation en est un autre, c’est pourquoi nous avons élaboré un programme pour les jeunes générations. La plupart des patients sont des enfants  et - selon les statistiques de l’OMS - un enfant meurt du paludisme toutes les deux minutes.

« Les enfants sont les premières victimes du paludisme », explique Isabelle Villadary, Responsable, Programme Paludisme de Sanofi. Mais elle ajoute que les enfants sont aussi d’excellents agents de changement : « Ils savent très bien mobiliser leur communauté en faveur d’actions de prévention et de sensibilisation à la maladie ».

En s’appuyant sur ce constat, Sanofi a lancé en 2008 en Côte-d’Ivoire le programme Écoliers contre le paludisme. Depuis lors, il a été étendu à 17 pays d’Afrique sub-saharienne et a permis de distribuer les MOSKI KIT®  dans les écoles. 

Ces kits, développés en partenariat avec les Programmes nationaux de lutte contre le paludisme, se composent d’un jeu de société, d’un jeu de cartes, d’affiches et d’autres supports pour aider les enfants à comprendre, mémoriser et restituer les messages-clés sur la sensibilisation, la prévention, le diagnostic et le traitement. 

Un jeu de mémoire sur ordinateur MOSKI MEMORY® vient tout juste de lui être adjoint. Il s’agit d’un quiz moderne à plusieurs niveaux de difficulté pour apprendre, tout en jouant, les dangers du paludisme. Il est accompagné d’une vidéo de 12 minutes. Dans le jeu et la vidéo, des personnages comme Dabo l’ambassadeur transmettent plusieurs messages-clés aux enfants :

  • Éliminer les sources d’eau stagnante et couper les herbes hautes où vivent et pondent les moustiques.
  • Pulvériser des insecticides dans les maisons, installer des moustiquaires aux fenêtres, fermer les portes et faire brûler des spirales ou serpentins anti-moustiques.
  • Toujours dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide.
  • Ne pas acheter de médicament sur le marché local, ne consulter que des professionnels de santé qualifiés pour le diagnostic et le traitement.
  • Apprendre à reconnaître les symptômes et les prendre au sérieux.
  • Distribuer des médicaments préventifs aux femmes enceintes.

Isabelle Villadary insiste sur le fait que Sanofi a toujours développé ce genre d’outils éducatifs et ludiques avec des experts locaux : « Nous avons l’habitude de travailler avec les fonctionnaires du ministère de l’Éducation ou des partenaires ayant déjà distribué des documents imprimés en Afrique » explique-t-elle.

« Les kits pour les écoliers sont adaptés aux différentes tranches d’âges qu’il est fréquent de retrouver dans une salle de classe africaine » poursuit-elle. « Les supports s’adressent aussi bien aux enfants qui ne savent pas lire qu’à ceux qui savent lire et souhaitent s’exercer à la lecture. »

Le paludisme peut être évité et soigné. Il a été complètement éradiqué dans une douzaine de pays où il représentait auparavant un problème majeur de santé publique. Pourquoi dans ce cas les statistiques de l’OMS font-elles état d’un recul dans certaines zones et pourquoi observe-t-on une stagnation des progrès ?

« C’est une question à laquelle il est difficile de répondre simplement et rapidement » explique Isabelle Villadary, « parce que de nombreuses variables entrent en jeu et que de nouveaux problèmes surgissent constamment, comme l’effondrement du système de santé du Venezuela et l’exode massif de sa population, par exemple ».

Elle souligne l’importance du financement et de la coordination pour s’attaquer au problème sur tous les fronts simultanément. Par exemple :

  • Sensibiliser le public au fait que les moustiquaires de lit imprégnées d’insecticide sont efficaces, mais s’assurer de les distribuer efficacement.
  • Inviter instamment la population à consulter de vrais professionnels de santé plutôt que des guérisseurs traditionnels, tout en s’assurant dans le même temps qu’elle a accès à des dispensaires.
  • Distribuer des traitements efficaces et veiller à ce que les patients les prennent jusqu’au bout.

Bien que Sanofi soit mieux connue pour développer et fabriquer des traitements efficaces, le programme Écoliers contre le paludisme et le projet de drones témoignent de son engagement en faveur d’une campagne mondiale coordonnée, inventive et implacable pour éliminer le paludisme.

Plusieurs jeunes filles africaines dans une salle de classe

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