Dessin graphique faisant la comparaison pour une maison et une planète entre un air pollué et un air non-pollué

La pollution de l'air intérieur : l'ennemi invisible des personnes allergiques

La pollution de l'air extérieur est un problème mondial qui a des conséquences importantes sur notre santé. Plus de neuf personnes sur dix dans le monde vivent dans des zones où le niveau de pollution de l'air dépasse les limites prescrites par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les pays à faibles et moyens revenus étant les plus touchés1. Mais saviez-vous que certains polluants pouvaient être jusqu'à cinq fois plus concentrés à l'intérieur des bâtiments qu'à l'extérieur2 ? Nos habitudes de cuisine et de nettoyage, ainsi que les autres gestes du quotidien, polluent notre air intérieur, et ce phénomène est aggravé par le fait que nous passons plus de 90 % de notre temps à l'intérieur2.  

Cette situation est encore plus problématique pour les personnes souffrant de rhinite allergique, une allergie courante qui touche près de 40 % de la population mondiale3. Elle survient lorsque le système immunitaire réagit aux allergènes présents dans l'air, comme le pollen, les acariens et les moisissures, provoquant l'inflammation des muqueuses de la cavité nasale3. Les symptômes de la rhinite allergique peuvent être saisonniers ou durer toute l'année, et il a été prouvé que la pollution atmosphérique actuelle avait une incidence notable sur l'augmentation des allergies4. Cette pollution peut également aggraver les symptômes de la rhinite allergique, entraînant des maux de tête, une obstruction ou un écoulement nasal, des irritations oculaires, un larmoiement et des troubles du sommeil3. À l'occasion de la Semaine mondiale de l'allergie (du 7 au 13 avril), nous débusquons l'ennemi invisible qui se tapit dans nos habitations : la pollution de l'air intérieur. 

Un dessin graphique à propos de la pollution de l'air

La pollution de l’air : l’ennemi invisible de l’allergie

Si de nombreux facteurs sont propices au développement de la pollution intérieure, les sources suivantes risquent de vous surprendre. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe des gestes simples pour réduire le niveau de pollution de l'air intérieur dans nos foyers.

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La cuisine quotidienne nuit à la qualité de l'air 

Environ un tiers de la population mondiale (soit 2,5 milliards de personnes) cuisine avec de la biomasse solide (comme du bois, du charbon et du fumier animal)5, ce qui augmente la pollution de l'air intérieur. La fumée présente dans une habitation mal ventilée peut contenir 100 fois plus de polluants qu'elle ne le devrait6.

Au Brésil, par exemple, près de 10 % des ménages cuisinent essentiellement au bois. Ainsi, la pollution intérieure de leurs habitations peut être jusqu'à dix fois supérieure à la pollution atmosphérique des villes et autres zones urbaines7. En Amérique latine, une personne qui cuisine au feu de bois peut inhaler un air jusqu'à 26 fois plus pollué que la limite recommandée par l'OMS7

Si les pays les plus développés ont accès à des appareils de cuisson plus efficaces, une étude récente de l'Université du Colorado révèle que le simple fait de faire griller du pain augmenterait la pollution d'une habitation, car les éléments chauffants peuvent brûler les miettes se trouvant au fond du grille-pain et libérer des particules toxiques dans l'air8

CONSEIL : lorsque vous faites à manger, ouvrez toujours les portes ou les fenêtres et, si possible, utilisez une hotte aspirante. 

Les petits feux pour se réchauffer l'hiver rendent l'ennemi plus fort

À l'instar de la cuisine au bois, le fait de chauffer nos logements avec un feu de cheminée affecte la qualité de l'air intérieur. 

La tendance populaire danoise du « hygge », à savoir le fait de se pelotonner devant un feu de cheminée, pourrait réduire la qualité de l'air intérieur. Les feux de bois peuvent aggraver le niveau de pollution de l'air intérieur, à plus forte raison en hiver, lorsque les gens aèrent moins souvent.

Les bougies parfumées peuvent également augmenter la pollution intérieure, car elles émettent des particules et d'autres polluants, comme les composés organiques volatils (COV), susceptibles d'aggraver les symptômes de la rhinite allergique9. Les personnes souffrant d'allergies doivent également éviter de faire brûler des bâtonnets d'encens, ceux-ci produisant plus de 100 fois plus de particules fines qu'une bougie10, exacerbant d'autant plus les symptômes. 

CONSEIL : si vous souffrez d'allergies, essayez d'agrémenter votre intérieur ou votre bureau de plantes spécifiques, comme un spathiphyllum (le « lys de la paix ») ou des pousses de chrysanthème.

Propreté malsaine 

En raison des COV qu'ils contiennent, les produits d'entretien que nous utilisons dans nos tâches ménagères quotidiennes comptent parmi les facteurs qui dégradent le plus la qualité de l'air intérieur, ce qui ne manque pas d'ironie10. Les personnes allergiques doivent tout particulièrement éviter les sprays nettoyants, car ils sont plus faciles à inhaler et risquent d'aggraver leurs symptômes. 

Les produits de nettoyage parfumés polluent également l'air intérieur. Les produits parfumés au citron ou au pin contiennent du limonène et de l'alpha-pinène, des produits chimiques parfumés. Bien qu'ils ne soient pas foncièrement nocifs, ils peuvent, au contact de l'air, former de nouvelles substances chimiques, comme le formaldéhyde, l'un des fameux COV10.

CONSEIL : ouvrez toujours les fenêtres pendant que vous faites le ménage.

La réduction de la pollution intérieure revêt une importance particulière pour les personnes souffrant d'allergies, car leurs symptômes peuvent nuire à leur bien-être. 

Selon le Professeur Ignacio J. Ansotegui, président de l'Organisation mondiale de l'allergie, « bien que l'importance de la rhinite allergique soit souvent minimisée, ses symptômes ont souvent une influence considérable sur le bien-être psychologique et physique des personnes qui en souffrent. Des symptômes tels que l'obstruction ou l'écoulement nasal, ainsi que les irritations oculaires, peuvent gêner une personne dans sa vie quotidienne, au point d'affecter sa capacité à accomplir de nombreuses tâches de sa vie personnelle et professionnelle ».  

En 2017, le centre pour la santé et les performances des salariés (le Center for Workforce Health and Performance), a établi que les allergies représentaient la majorité des coûts liés à la perte de productivité aux États-Unis (44,9 milliards de dollars), devant les brûlures d'estomac (30 milliards de dollars) et les douleurs chroniques (20 milliards de dollars)11. Les adultes souffrant de rhinite allergique sont également plus sujets aux troubles du sommeil, qui entraînent de la fatigue et altèrent les capacités cognitives3.

Maintenant que vous connaissez les facteurs de pollution de l'air intérieur, comment évalueriez-vous le niveau de pollution de votre logement ?

Dans le cadre de la Semaine mondiale de l'allergie, nous avons préparé le questionnaire « Pollution de l'air : l'ennemi invisible de l'allergie » pour tester vos connaissances en matière de pollution de l'air et évaluer votre risque d'exposition à la pollution de l'air intérieur. Répondez à notre questionnaire aujourd'hui (disponible en anglais).

Pour en savoir plus sur la rhinite allergique, consultez un professionnel de la santé. 

Références

  1. World Health Organization (2016).
  2. The European Lung White Book: Respiratory Health and Disease in Europe. Indoor Environment, 2013.
  3. World Allergy Organization. White Book on Allergy. Update 2013.
  4. Bousquet, J., Burney, P.G., Zuberbier, T. et al. (2009). GA2 LEN (Global Allergy and Asthma European Network) addresses the allergy and asthma epidemic. Allergy. 64: 969–977.
  5. International Energy Agency (2017).
  6. World Health Organization (2018).
  7. Copenhagen Consensus Centre (2015).
  8. University of Colorado at Boulder. (2019). A hidden source of air pollution? Your daily household tasks. ScienceDaily.
  9. British Lung Foundation (2018).
  10. C. Wolverton, B & Johnson, Anne & Bounds, Keith. (1989). Interior Landscape Plants for Indoor Air Pollution Abatement.
  11. IHPM Self-Care: A Major Value-Add to Global Health and Workforce Productivity.

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