Journée Mondiale de la Méningite : La nécessité de mieux connaître les méningites à méningocoques

Dans l’univers des soins pédiatriques, une maladie est depuis toujours source d’angoisse : « Lorsqu’une famille dont l’enfant est très malade arrive à l’hôpital, la première question qu’elle pose est presque toujours s’il peut s’agir d’une méningite », explique le Professeur Martinón-Torres, Chef du service de pédiatrie et Directeur de la pédiatrie translationnelle et des maladies infectieuses au sein de l’Hospital Clínico Universitario de Santiago à Saint Jacques-de-Compostelle, en Espagne.

La méningite à méningocoques est une maladie complexe. Plusieurs souches de la bactérie Neisseria meningitidis en sont responsables et circulent de manière imprévisible dans le monde entier. La plupart des gens peuvent être porteurs et vecteurs de la bactérie sans présenter de symptômes de la maladie ; c’est en particulier le cas des adolescents et jeunes adultes. Dans de rares cas, et chez beaucoup trop d’enfants en bas âge, d’adolescents et de jeunes adultes, l’infection peut entraîner de graves conséquences, voire la mort.

En dépit des progrès réalisés en matière de traitement, « nous avons atteint un plateau, avec environ 10 % de gens souffrant d’une forme grave de méningite, qui en décèdent, parfois en l’espace de 24 heures », observe le Professeur Martinón-Torres. « Jusqu’à 20 % des cas présentent des complications à long terme, comme une septicémie pouvant aboutir à une amputation et de graves problèmes neurologiques tels qu’une perte d’audition. »1

Daniel Yoshizawa–un survivant de la Méningite à Méningocoques

Avant l’instauration de programmes de vaccination à grande échelle dans de nombreux pays du monde, les épidémies de méningite étaient relativement fréquentes.

Le Dr David Greenberg est aujourd’hui Responsable Médical Franchise chez Sanofi Pasteur, dont les équipes sont engagées dans la lutte contre les maladies à méningocoques depuis 45 ans. En 1981, alors que le Dr Greenberg était étudiant en médecine dans une unité de soins intensifs à Houston, au Texas, une épidémie de méningite à méningocoques a frappé une demi douzaine d’enfants de la ville. « À ce moment-là, des parents arrivaient à l’hôpital avec leur enfant malade, qui présentait les symptômes caractéristiques d’une méningite et d’une septicémie. Ils nous expliquaient à quel point cela avait été rapide : la veille, les enfants étaient en très bonne santé », se remémore le Dr Greenberg.

« C’était terrible de voir certains de ces enfants sombrer dans la maladie, malgré tous nos efforts pour l’arrêter. À cette époque, c’était une situation fréquente à laquelle il fallait s’attendre. Il y avait des épidémies de méningite et des hôpitaux faisant tout leur possible pour soigner des enfants, qui ne pouvaient pas tous être sauvés. »

Portrait of David Greenberg

« Grâce à la vaccination, ce type d’épidémie a pratiquement disparu au sein des populations où la couverture vaccinale est élevée. »

David Greenberg, Responsable Médical Franchise chez Sanofi Pasteur

Bien que la vaccination permette désormais de réduire le nombre de cas de méningite à méningocoques, c’est un statu quo fragile qui nécessite une attention et une amélioration constantes.

Il existe plusieurs types de vaccins disponibles dans différents pays et régions du monde, allant de ceux qui luttent contre une seule souche de la maladie (monovalents) à ceux qui luttent contre quatre souches (quadrivalents).

Les programmes de vaccination varient d’un pays à l’autre et ciblent des tranches d’âge et populations différentes. Dans la plupart des pays, les programmes destinés aux tout-petits ciblent au minimum une souche de la bactérie, généralement celle responsable d’épidémies localisées de méningite par le passé. Toutefois, cela ne suffit pas pour éviter les décès et handicaps pouvant résulter d’une infection. De nombreuses autorités sanitaires nationales ont étendu le périmètre vaccinal au fil du temps, à la fois en luttant contre davantage de souches et en ciblant des tranches d’âge plus larges.

Quel que soit le vaccin, il est primordial de maintenir une couverture vaccinale élevée au sein de la population pour parvenir à une immunité collective, notamment jusqu’à ce que la méningite soit mieux connue.

Le Professeur Martinón-Torres tente de comprendre ce qui rend certaines personnes plus exposées à une forme grave de méningite à méningocoques que d’autres afin d’adapter au mieux les traitements.

« Lorsqu’une maladie infectieuse est présente dans de nombreux pays du monde mais ne déclenche de graves complications que chez une minorité de personnes infectées, cela signifie que la sévérité de la maladie est probablement liée à la biologie de ces personnes », explique-t-il. « À ce stade, nous pensons que cela est lié à une variation génétique du système immunitaire. Nous sommes sur le point de comprendre comment de si graves conséquences découlent de cette variation, et je pense qu’à l’avenir, nous serons en mesure de développer des traitements plus adaptés. »

Portrait du professeur Martinon-torres

« En attendant, la vaccination peut apaiser les inquiétudes de millions de familles face à la méningite à méningocoques, et c’est déjà un grand pas. »

Professeur Martinón-Torres

En savoir plus sur la méningite à méningocoques

La Méningite à Méningocoques

La Méningite à Méningocoques pour les Parents

La Méningite à Méningocoques pour les Adolescents

 

Référence

  1. Martinón-Torres F. Deciphering the Burden of Meningococcal Disease: Conventional and Under-recognized Elements. J Adolesc Health. Août 2016 ; 59(2 Suppl.) : S12-20. DOI : 10.1016/j.jadohealth.2016.03.041. PMID : 27449145.