Une chronologie de l’innovation dans le traitement de l’hémophilie

Jane Smith, responsable des affaires publiques et de la défense des patients pour les troubles sanguins rares, apparaît dans la vidéo ci-dessous. Photographiée ici avec son fils Leland Smith.

Les scientifiques précurseurs Jennifer Dumont et Ekta Seth Chhabra nous offrent un aperçu de l’innovation en matière de recherche sur l’hémophilie et des évolutions thérapeutiques au au debut des années 60.

Pour les personnes atteintes d’hémophilie, ensemble de troubles génétiques rares qui empêchent le sang de coaguler correctement, la maladie est une préoccupation au quotidien. De nombreux patients doivent s’injecter régulièrement la protéine de coagulation du sang qui manque à leur organisme – le facteur VIII dans le cas de l’hémophilie A et le facteur IX dans le cas de l’hémophilie B – et cela, pour éviter des saignements fréquents, voire mortels dans certains cas. Lorsque ces taux de facteur tombent en dessous d’un certain seuil, comme cela arrive fréquemment, les conséquences peuvent être fatales pour les patients. Les personnes atteintes d’hémophilie doivent constamment en tenir compte et planifier soigneusement leurs activités, qu’il s’agisse de jardinage ou d’un entraînement de basket.

Les traitements contre l’hémophilie améliorent certes la vie des patients, mais ne constituent pas pour autant une cure ou une solution miracle, contraignant les personnes atteintes d’hémophilie et leurs familles à assumer seules le fardeau et les inquiétudes qu’entraînent inévitablement une telle maladie chronique et débilitante.

Désormais, l’innovation bat son plein pour contribuer au développement de nouveaux traitements permettant aux personnes atteintes d’hémophilie de vivre la vie qu’elles ont choisie. Deux spécialistes de la recherche sur l’hémophilie et des affaires médicales à Sanofi nous font part des moments décisifs qui ont changé la donne pour la lutte contre l’hémophilie, et nous présentent les nouveaux traitements expérimentaux actuellement en cours de développement.

Les héroïnes de l’hémophilie
Motivées par des récits personnels, plusieurs scientifiques de Sanofi et défenseurs des droits des patients nous racontent les efforts déployés pour changer la vie des personnes atteintes d’hémophilie.

Rendre les traitements contre l’hémophilie plus sûrs et plus durables

« L’un des plus grands moments de la lutte contre l’hémophilie a été la mise à disposition, dans les années 1970, de concentrés lyophilisés dérivés du plasma », explique Jenny Dumont, directrice médicale de Sanofi. « Ces concentrés ont permis aux patients de se soigner à domicile et de s’auto-administrer les soins, ce qui a constitué une avancée considérable dans la lutte contre la maladie. »

Malheureusement, dans les années 1980, de nombreuses personnes atteintes d’hémophilie ont été soignées avec des produits contaminés, et infectées par le VIH et/ou l’hépatite C. Certaines sont décédées, et beaucoup ont subi des conséquences à long terme sur leur santé. « Ça a été une période très sombre de la lutte contre l’hémophilie, et un véritable tournant à la fois pour la défense des patients et la science », poursuit Mme Dumont.

Dans les années 1990, un autre jalon essentiel a été posé : le développement de produits recombinants utilisant la technologie de l’ADN pour générer des protéines de coagulation en laboratoire. « Dorénavant, les patients ne dépendaient plus des facteurs de coagulation dérivés du sang humain », explique Ekta Seth Chhabra, scientifique émérite. « Les produits recombinants étaient plus sûrs car ils présentaient un risque largement inférieur de transmission de maladies infectieuses. »

« Bientôt, les personnes atteintes d’hémophilie disposeront d’un vaste éventail de solutions thérapeutiques, parmi lesquelles elles pourront, conjointement avec leur médecin, choisir le traitement qui leur convient le mieux en fonction de leurs besoins et de leurs préférences. La recherche a fait d’immenses progrès, et c’est un véritable soulagement de savoir que ces traitements pourront améliorer considérablement la vie des patients et de leurs familles. »

Jenny Dumont, directrice médicale

Les facteurs de coagulation recombinants étaient non seulement plus sûrs pour les patients, mais ils permettaient également le traitement prophylactique - ce qui signifie que les personnes atteintes d’hémophiles pouvaient s’auto-administrer des injections à domicile en toute sécurité pour éviter les saignements, plutôt que de les traiter après coup. Résultat : l’espérance de vie a augmenté de plusieurs décennies, se rapprochant de celle de la population générale.

Cependant, les protéines du facteur de coagulation n’ayant qu’une durée de vie relativement courte, les personnes atteintes d’hémophilie devaient s’auto-injecter fréquemment. La situation est restée inchangée pour les patients pendant les vingt années qui ont suivi, jusqu’à ce qu’en 2014, un nouveau type de facteur de coagulation recombinant soit développé. En effet, l’ingénierie avancée des protéines a permis d’élaborer des versions moléculairement améliorées des facteurs de coagulation du sang, qui persistent bien plus longtemps dans la circulation sanguine. La création de tels produits à action prolongée a permis aux patients de réduire le nombre d’injections par semaine, et donc de consacrer moins de temps à leur traitement.

Historique de l’innovation en matière de traitement de l’hémophilie

Aperçu des moments les plus importants de la recherche et développement en matière de lutte contre l’hémophilie au cours des cinquante dernières années. Les éléments mentionnés pour les années 1970-2010 ont été tirés d’une chronologie détaillée publiée par la Hemophilia Federation of America (consultée le 2 juillet 2021 sur https://www.hemophiliafed.org/updated-historical-timeline/).

Le bon traitement au bon moment

Bien que les facteurs de coagulation à action prolongée (thérapies à demi-vie prolongée) constituent une avancée remarquable, toutes les personnes atteintes d’hémophilie n’en bénéficient pas. C’est pourquoi les scientifiques de Sanofi exploitent diverses technologies pour concevoir des traitements adaptés aux divers besoins des patients.

« En matière d’hémophilie, il n’existe pas de traitement unique », indique Seth Chhabra. « Même des frères qui partagent le même gène muté peuvent nécessiter des traitements différents à différents moments. »

Parmi les axes de recherche, nous développons actuellement - en collaboration avec Sobi - une thérapie offrant un meilleur niveau de protection et une plus longue durée de vie afin « d’enfoncer le plafond de verre » de la maladie de Willebrand pour les personnes atteintes d’hémophilie A sans inhibiteurs. Cette thérapie expérimentale repose sur une protéine de fusion soigneusement conçue , constituée de différents composants assemblés moléculairement en une seule unité.

« Imaginez que vous deviez apprendre à votre enfant à se faire une injection intraveineuse. Ou que vous essayiez désespérément de vous rappeler si vous avez bien fait une injection à votre enfant avant de partir au travail. La possibilité de ne plus avoir à penser à cette maladie, de ne plus avoir à s’en inquiéter chaque jour, pourrait vraiment changer la donne. »

Ekta Seth Chhabra, scientifique émérite

Le développement de cette protéine de fusion n’a été ni rapide ni facile : Seth Chhabra et ses collègues ont dû essayer plus de 400 itérations avant de parvenir à leur objectif.

Bientôt, les patients disposeront d’un vaste éventail de solutions thérapeutiques, parmi lesquelles ils pourront, conjointement avec leur médecin, choisir le traitement qui leur convient le mieux en fonction de leurs besoins et de leurs préférences », explique Jenny Dumont. « La recherche a fait d’immenses progrès, et c’est un véritable soulagement de savoir que ces traitements pourront améliorer considérablement la vie des patients et de leurs familles. »

La technologie des siRNA

Un autre projet en cours chez Sanofi repose sur la technologie des petits ARN interférents (siRNA). Les scientifiques étudient la manière dont ils peuvent contribuer à rééquilibrer le réseau de protéines dans le sang responsables de la coagulation.

Toutefois, chez les personnes atteintes d’hémophilie, l’absence de facteur VIII ou IX favorise les saignements. L’idée avec la technologie des siRNA, serait de faire pencher la balance dans l’autre sens  vers la coagulation  en rééquilibrant la teneur en antithrombine, l’une des protéines anticoagulantes. Certes, cette approche ne permet pas de combler les manques à l’origine de l’hémophilie, mais contribue à rééquilibrer le réseau de coagulation du sang. Elle présente un intérêt non seulement pour les patients qui ont développé des « inhibiteurs » provoquant le rejet par l’organisme des solutions thérapeutiques à base de facteurs, mais aussi pour ceux qui n’en disposent pas.

L’objectif : ne plus vivre dans l’inquiétude permanente

Les chercheurs de Sanofi espèrent que les nouvelles thérapies en cours de développement permettront d’améliorer durablement le traitement de l’hémophilie.

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’hémophilie ne touche pas seulement les patients, mais des familles entières », ajoute Seth Chhabra. « Imaginez que vous deviez apprendre à votre enfant à se faire une injection intraveineuse. Ou que vous essayiez désespérément de vous rappeler si vous avez bien fait une injection à votre enfant avant de partir au travail. La possibilité de ne plus avoir à penser à cette maladie, de ne plus avoir à s’en inquiéter chaque jour, pourrait vraiment changer la donne. »

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