Sanofi lutte contre le cancer sur plusieurs fronts

Cet édito fait référence aux produits Sanofi actuellement en cours de développement. La sécurité et l’efficacité de ces médicaments expérimentaux n’ont pas encore été évaluées par une autorité réglementaire.

« Nous avons pour ambition de nous appuyer sur la recherche scientifique pour concevoir des médicaments capables d’améliorer la vie de  personnes atteintes de maladie, et nos efforts commencent à payer dans le domaine de l’oncologie, où de nouvelles approches telles que la biologie synthétique permettent aux scientifiques d’exploiter toute la puissance du système immunitaire avec une précision jamais atteinte auparavant. Il est très encourageant de voir s’étendre le pipeline de Sanofi alors que nos équipes adoptent de nouvelles technologies et appliquent leurs connaissances approfondies en biologie des maladies pour développer les médicaments
du futur. » - Paul Hudson, directeur général

La recherche en oncologie connaît actuellement un véritable renouveau : les scientifiques travaillent d’arrache-pied pour trouver de nouvelles solutions thérapeutiques contre les cellules malignes. Nous nous sommes entretenus avec John Reed, vice-président exécutif et responsable monde de la recherche et du développement, ainsi que Frank Nestle, responsable de la recherche et directeur scientifique de Sanofi, pour comprendre comment les chercheurs du groupe élaborent un pipeline de R&D pour combler les lacunes les plus importantes dans la lutte contre le cancer.

Comment les scientifiques de Sanofi procèdent-ils pour relever les enjeux majeurs de la recherche en oncologie ?

Scientifique regardant une image de microscopie dans le laboratoire

John Reed : Chez Sanofi, nous travaillons au développement de la prochaine génération de molécules innovantes capables de s’attaquer et de détruire directement les cellules cancéreuses, ou bien d’exploiter toute la puissance du système immunitaire pour soutenir les mécanismes d’autodéfense du patient face à la maladie. Dans la lutte contre le cancer, nous pouvons nous appuyer sur un ensemble de technologies pour concevoir de nouvelles solutions thérapeutiques. Nous commençons à très bien connaître la biologie du cancer, mais beaucoup reste encore à faire.  Plus notre arsenal sera fourni, plus nos scientifiques auront de chances de découvrir des thérapies efficaces pour les patients.

Photo d'Alban de La Sablière, responsable des partenariats chez Sanofi

Frank Nestle : L’un des principaux facteurs d’innovation chez Sanofi est la complémentarité entre immuno-oncologie et oncologie moléculaire. Nos équipes d’oncologie moléculaire tirent parti de recherches innovantes en chimie pour développer des médicaments qui ciblent les protéines intracellulaires des cellules cancéreuses. Nous avons notamment élaboré une molécule expérimentale qui cible le récepteur alpha des œstrogènes dans les cellules du cancer du sein. Ce dégradeur sélectif des récepteurs d’œstrogènes (SERD - Selective Estrogen Receptor Degrader), administré par voie orale, contribue à signaler les protéines pathogènes à éliminer. Cette approche laisse entrevoir de nouvelles possibilités de traitement du cancer du sein avec récepteurs hormonaux positifs.

John : Bien que nos scientifiques soient parfois en mesure d’atteindre leurs objectifs en s’appuyant sur leurs connaissances des petites molécules, nous avons besoin d’une large variété d’outils pour pouvoir lutter efficacement contre le cancer. Par exemple, nous menons actuellement des recherches sur l’interleukine-2 (IL-2). L’IL-2 est une molécule prometteuse pour l’immunothérapie du cancer car elle est capable de stimuler les cellules immunitaires pour lutter contre la maladie, mais elle présente également certains effets toxiques. Pour dompter l’IL-2, nous puisons dans notre boîte à outils technologique et nous nous appuyons sur la plateforme de biologie synthétique SYNTHORIN™.

Frank : La plateforme SYNTHORIN constitue un élément absolument passionnant de notre programme d’immunothérapie du cancer car elle permet à nos équipes de concevoir des protéines dotées de propriétés moléculaires uniques. Dans le cas de l’IL-2, nous analysons comment faire en sorte que la molécule se lie efficacement à la partie de son récepteur responsable de l’expansion des cellules immunitaires qui combattent le cancer sans activer la partie à l’origine des effets secondaires. Autrement dit, nous cherchons à activer les cellules immunitaires optimisées pour combattre le cancer - comme les cellules T et les cellules tueuses naturelles (lymphocytes NK) - sans causer d’effets secondaires toxiques.

John : Pour rebondir sur les propos de Frank, nous explorons également l’utilisation de petites molécules pour combattre le cancer tout en épargnant les tissus sains, en concevant des anticorps monoclonaux capables de transporter un médicament directement vers les cellules tumorales. L’idée, c’est que les conjugués anticorps-médicaments se lient à une protéine présente sur différents types de cellules cancéreuses, mais pas aux cellules  saines. Nous travaillons également sur un anticorps conçu pour transporter un médicament cytotoxique qui cible les mécanismes de division cellulaire des cellules tumorales. Cette approche permet de réduire les dommages collatéraux aux tissus sains tout en permettant la pénétration d’une plus grande quantité de toxine chimique dans les cellules cancéreuses. Nos équipes étudient cette approche pour le traitement du cancer du poumon et d’autres tumeurs malignes.

Les plateformes technologiques de Sanofi fournissent aux équipes de R&D les outils dont elles ont besoin pour concevoir des solutions thérapeutiques innovantes et comprendre les voies biologiques communes à de nombreuses maladies

Comment les scientifiques de Sanofi abordent-ils les thérapies cellulaires ?

John : L’une des dernières étapes à franchir dans la lutte contre le cancer concerne les thérapies cellulaires, en particulier la thérapie par cellules T à récepteurs antigéniques chimériques (CAR chimeric antigen receptor). Telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, la thérapie par cellules CAR-T consiste à extraire les cellules immunitaires d’un patient, à les modifier génétiquement en laboratoire et à les réinjecter dans le corps du patient, où elles s’attaquent alors aux cellules tumorales. Pour les patients atteints de lymphomes et de leucémies, ce type de thérapies individualisées a déjà donné des résultats probants, bien que souvent associés à des effets secondaires importants. En outre, dans le cas où la perfusion cellulaire initiale ne parvient pas à éliminer toutes les cellules cancéreuses, il n’est généralement pas envisageable d’entamer des traitements successifs.

Pour relever ces défis, nos équipes se sont attelées à l’élaboration d’une nouvelle thérapie cellulaire contre le cancer à l’aide d’une plateforme mise au point par Kiadis, société de biotechnologie dont Sanofi a récemment fait l’acquisition. La plateforme Kiadis prélève des cellules NK sur des donneurs volontaires dont le génotype est optimisé pour lutter contre le cancer. Ces cellules sont ensuite multipliées en laboratoire à l’échelle industrielle, de sorte qu’un unique don permet de soigner de nombreux patients. Les cellules NK des donneurs peuvent également faire l’objet d’une modification génétique pour exprimer des récepteurs de liaison au cancer, tels que ceux utilisés dans la thérapie par cellules CAR-T.

Cette nouvelle plateforme « universelle » permet de concevoir des cellules NK capables de soigner presque tous les patients, et ainsi d’éviter le recours à des thérapies cellulaires individualisées. De nombreuses doses de ces cellules NK peuvent être générées par lots, ce qui permet également le redosage.

Quelles sont les autres technologies innovantes qui changent la donne en matière de R&D en oncologie ?

Frank : Les thérapies géniques non virales sont un autre domaine de recherche passionnant car elles permettent de fournir un morceau d’ARN ou d’ADN à un type de cellule spécifique du corps afin de lui donner des instructions pour modifier la fonction de cette cellule. Grâce à notre récente acquisition de Tidal Therapeutics, nous avons maintenant accès à une technologie de reprogrammation des cellules immunitaires qui, dans un futur proche, peut potentiellement révolutionner la manière dont nous administrons l’immunothérapie aux patients. En utilisant des nanoparticules pour fournir l’ARNm directement à des types de cellules spécifiques, nous serons peut-être bientôt en mesure de reprogrammer des cellules T tueuses en cellules CAR-T au sein même de l’organisme.

Ainsi, nous espérons modifier fondamentalement le recours à la thérapie par cellules CAR-T à l’avenir. Grâce à cette technologie, nous disposons en effet des outils nécessaires pour créer des ARNm thérapeutiques « prêts à l’emploi », qui nous permettront d’explorer de nouvelles approches de conception et de production de thérapies cellulaires à grande échelle. En effet, ceux-ci sont décisifs car ils peuvent potentiellement renforcer la capacité d’un patient à combattre le cancer de manière beaucoup plus simple.

Qu’est-ce que cela implique pour les personnes atteintes de cancer ?

Frank : Nous voyons poindre à l’horizon une nouvelle vague d’innovations en matière d’immunothérapie et d’oncologie moléculaire. Ces deux avancées convergent vers l’élaboration de nouvelles thérapies plus ciblées, qui devraient permettre d’obtenir une rémission plus durable chez les patients, et moins d’effets secondaires. Elles constituent un vrai pas en avant pour les personnes atteintes de cancer.

John : Pour vaincre le cancer, nous devons combiner plusieurs approches complémentaires. C’est pourquoi nous nous appuyons sur de nouvelles technologies pour concevoir de nouvelles molécules et des médicaments innovants. C’est en combinant notre boîte à outils élargie, notre engagement en faveur de l’innovation et notre culture de la coopération que nous parviendrons à réaliser des avancées concrètes pour les personnes atteintes de cancers.

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