Zoom sur des cellules de la méningite

Méningite à Méningocoque : une maladie particulièrement imprévisible

La méningite à méningocoques et la septicémie sont une infection bactérienne rare mais potentiellement dévastatrice qui affecte le cerveau (méningite) et/ou le sang (la septicémie est un empoisonnement du sang). Malgré les progrès médicaux, la maladie peut tuer en quelques heures.1 Une personne sur 10 qui contracte la maladie en mourra et 10 à 20% des survivants souffrent de complications graves telles qu’une amputation, des cicatrices, la surdité ou lésions cérébrales.2-3

Journée mondiale de la méningite 2019

Mise à disposition par CoMO ( Confederation of Meningitis Organisations)

Tout le monde peut être concerné

Bien que la méningite à méningocoques touche principalement les enfants de moins de cinq ans, les adolescents et les jeunes adultes, tout le monde peut être concerné, partout dans le monde. La plupart des cas de méningite à méningocoques surviennent chez des individus en bonne santé ne présentant aucun facteur de risque identifiable. À noter qu’un grand nombre de cas sont également recensés chez des adultes plus âgés.

Transmission

Environ une personne sur 10 (et un adolescent sur quatre) est porteuse de méningocoques au fond du nez ou de la gorge sans qu’aucun symptôme de la maladie ne se déclare.4

Toutefois, la bactérie peut envahir le reste du corps et provoquer une infection. La maladie à méningocoques est transmise par voie respiratoire (toux, éternuement) et par contact direct avec une personne infectée (toux, bise). Heureusement, cette maladie ne se transmet pas aussi facilement que d’autres infections telles que la grippe ou le rhume, mais elle est autrement plus mortelle.4

Les principaux facteurs de risque sont : 

  • la vie en communauté (militaires ou étudiants vivant dans des résidences universitaires) ou la participation à de grands rassemblements comme le hajj (pèlerinage annuel des musulmans à La Mecque)6
  • certaines affections telles qu’une infection à VIH, une asplénie, un système immunitaire défaillant ou une carence en immunoglobulines ou en compléments6
  • un voyage dans des régions endémiques comme la ceinture de la méningite en Afrique subsaharienne.6

Traitement

Un diagnostic rapide et un traitement à base d’antibiotiques sont impératifs car la maladie peut entraîner la mort dans les 24 heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes.8,9 

Par précaution, les personnes ayant été en contact proche avec une personne infectée doivent aussi suivre un traitement à base d’antibiotiques afin de se protéger contre l’infection.10

Symptômes et diagnostic

Les premiers symptômes peuvent être trompeurs car ils s’apparentent à ceux de la grippe (irritabilité, fièvre, perte d’appétit)7  et compliquent donc la pose du diagnostic.8 Il est essentiel de réagir rapidement car la maladie peut entraîner la mort en moins de 24 heures.9

Les symptômes de la méningite à méningocoques incluent de la fièvre, des céphalées, une raideur de la nuque et, plus rarement, des nausées, des vomissements, une photophobie (sensibilité à la lumière) et une confusion.

Le diagnostic de la méningite à méningocoques s’effectue en vérifiant la présence de la bactérie Neisseria meningitidis dans des échantillons de sang ou de liquide céphalo-rachidien.8

La prévention par la vaccination

Il existe de nombreux sérogroupes (ou types) de bactéries pouvant être à l’origine de la méningite à méningocoques, les plus courants étant les sérogroupes A, B, C, W, Y et, plus récemment, X en Afrique.11 Leur circulation à l’échelle mondiale est particulièrement imprévisible et varie avec le temps selon les tranches d’âge et les zones géographiques.1

La propagation récente d’un sérogroupe W virulent, qui a entraîné des épidémies au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays européens, en Afrique du Sud, au Brésil, en Argentine, au Chili et en Australie, illustre le caractère imprévisible de la méningite à méningocoques.12

Il n’existe pas de vaccin universel contre la méningite à méningocoques, mais, à ce jour, cinq (A, B, C, W et Y) des principaux sérogroupes bactériens sont évitables par la vaccination.13 Les vaccins permettant de prévenir les maladies à méningocoques comprennent sont des vaccins quadrivalents contre quatre sérogroupes (A, C, W et Y) et des vaccins monovalents contre les sérogroupes A, B et C.13

En dépit de la gravité et du caractère imprévisible de la maladie ainsi que des bienfaits de la vaccination pour l’ensemble des tranches d’âge, la méningite à méningocoques étant une maladie peu fréquente, les programmes de vaccination systématique ciblent généralement les populations les plus à risque comme les nourrissons, les jeunes enfants, les adolescents (protection directe ou indirecte), les personnes immunodéprimées, ou encore les personnes participant à de grands rassemblements (pèlerins) ou vivant en communauté (militaires).14  À ce jour, aucun programme ne cible les personnes âgées, alors même qu’un taux d’infection accru a été observé chez les personnes de plus de 65 ans.15


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Références

  1. Meningitis Research Foundation. What are meningitis and septicaemia. Consulté en mars 2019.
  2. CDC. Meningococcal disease – Diagnosis, Treatment, and Complications. Consulté en février 2019.
  3. Meningitis Now. After-effects of septicaemia. Consulté en février 2019. https://www.meningitisnow.org/meningitis-explained/after-meningitis/after-effects-of-septicaemia/
  4. OMS. Méningite à méningocoques. Consulté en mars 2019.
  5. Martinón-Torres, F. Deciphering the Burden of Meningococcal Disease: Conventional and Under-recognized Elements. Journal of Adolescent Health 59. Volume 59, Numéro 1, mars 2016. Pages 12-20.
  6. CDC. Meningococcal disease – Medical conditions risk factors. Consulté en février 2019.
  7. CDC. Meningococcal disease – Signs and Symptoms. Consulté en mars 2019.
  8. CDC. Meningococcal disease – Diagnosis, Treatment, and Complications. Consulté en mars 2019.
  9. Branco, R., Amoretti, C. et Tasker, R. Meningococcal disease and meningitis. Jornal de Pediatria. Volume 83, Numéro 7, 2011. Pages 46-53.
  10. CDC. Meningococcal Disease – Prevention. Consulté en mars 2018.
  11. Crum-Cianflone, N. et Sullivan, E. Meningococcal Vaccinations. Infectious Diseases and Therapy. Volume 5, Numéro 2, 2016. Pages 89-112. 
  12. Mustapha, M., Marsh, J. et Harrison, L. Global epidemiology of capsular group W meningococcal disease (1970–2015): Multifocal emergence and persistence of hypervirulent sequence type (ST)-11 clonal complex. Vaccine. Volume 34, Numéro 13, 2016. Pages 1515-1523. 
  13. OMS. Méningite à méningocoques. Consulté en mars 2019.
  14. Healthy Children.org. Meningococcal ACWY Vaccines: What you Need to Know (VIS). Consulté en février 2019.
  15. Ministère australien de la Santé. Invasive Meningococcal Disease National Surveillance Report. 17 février 2017 ; consulté en mars 2019.

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