De nouvelles technologies pour restaurer un bon équilibre sanguin

Ci-dessus : Illustration 3D d'une plaquette sanguine [Crédit : Microverse]

Cet éditorial présente différents produits Sanofi en cours de développement. Il convient de noter que la sécurité et l’efficacité de ces solutions thérapeutiques expérimentales n’ont pas été validées par une quelconque autorité réglementaire.

Notre boîte à outils de technologies de recherche de pointe vise à soutenir la R&D dans l’ensemble des domaines thérapeutiques. Karin Knobe, responsable du développement de thérapies contre les maladies rares du sang, explique en quoi ces technologies révolutionnent les soins en hématologie.

KNOBE Karin
Notre portefeuille de traitements contre les maladies rares du sang est l'un des plus solides de l'industrie.

Quand je pense à l’étendue de notre travail en hématologie, je suis particulièrement inspirée par nos avancées scientifiques et les opportunités que celles-ci peuvent offrir. Chaque jour, nous puisons dans un immense réservoir de connaissances et une vaste infrastructure de R&D pour atteindre notre objectif : restaurer un bon équilibre sanguin.

Les technologies sur lesquelles reposent ces avancées sont non seulement le fruit de décennies de découvertes, de coopération et de recherches scientifiques, mais pour les patients, elles représentent bien plus : elles incarnent cet espoir qui accompagne chaque révolution médicale, lorsque des idées novatrices sortent du laboratoire pour être mises en application en clinique. L’innovation va bien au-delà de la simple conception de médicaments. Elle requiert de travailler en collaboration avec les communautés de patients afin de prendre en compte les priorités des personnes atteintes de maladies rares du sang, et ce en allant des recherches initiales à l’élaboration d’essais cliniques, et au-delà.

Technologies de recherche pour le traitement des maladies rares du sang

Technologie NANOBODY® : Purpura thrombotique thrombocytopénique acquis (PTTA)

Le premier traitement autorisé contre le purpura thrombotique thrombocytopénique acquis (PTTa), maladie du sang à médiation immunitaire potentiellement mortelle, repose sur la technologie NANOBODY®. Chez les patients atteints du PTTa, une enzyme défectueuse empêche une protéine adhésive, appelée facteur von Willebrand (FVW), de fonctionner correctement. En effet, celle-ci prévient la décomposition rapide du FVW, qui reste dans le sang sous des formes trop grandes, attirant ainsi les plaquettes et favorisant la formation de petits caillots dans l’ensemble de l’organisme. Pour y remédier, nous utilisons un minuscule fragment d’anticorps qui vient se fixer au FVW de manière à l’empêcher d’agir sur les plaquettes. Grâce à cette molécule NANOBODY, utilisé en association avec un échange de plasma et un traitement immunosuppresseur, le FVW agglomère moins de plaquettes, ce qui permet d’augmenter leur taux dans le sang, et ainsi de rétablir un bon équilibre sanguin.

TAILORED COVALENCY® : Purpura thrombopénique immunologique

Chez les personnes atteintes de purpura thrombopénique immunologique (PTI), les cellules immunitaires détruisent les plaquettes saines, ce qui peut causer des hématomes et des saignements excessifs. Pour lutter contre la maladie, Sanofi a eu recours à un procédé chimique révolutionnaire, le Tailored Covalency, pour inhiber une enzyme impliquée dans cette réponse : la tyrosine kinase de Bruton (BTK). De cette maniàre, nous avons pu concevoir un médicament expérimental qui cible la cause profonde de la maladie, et pas seulement les symptômes. Cet inhibiteur de BTK est conçu pour bloquer les cellules immunitaires responsables de l’inflammation et lutter contre la réponse auto-immune du PTI, sans épuiser les réserves de cellules qui permettent à l’organisme de combattre les infections.

Fabrication de protéines : Hémophilie

Les personnes atteintes d’hémophilie nécessitent des traitements capables de prévenir les saignements sans requérir une administration trop fréquente. Les avancées en matière de fabrication de protéines ont donné naissance à de nouvelles thérapies par facteur de remplacement à demi-vie prolongée pour les patients atteints d’hémophilie A ou B. Nous œuvrons notamment avec la société biopharmaceutique Sobi au développement d’un médicament expérimental qui aide à empêche la dégradation du facteur jusqu’à activation de celui-ci par la thrombine, protéine nécessaire à la coagulation sanguine. Notre objectif avec cette molécule, qui en est actuellement aux derniers stades des essais cliniques, est d’accroître la protection contre les hémorragies et les lésions articulaires en fournissant des niveaux d’activité soutenus, voire proches de la normale du facteur VIII.

Thérapies géniques : Drépanocytose

Notre nouvelle unité de médecine génomique vise à accélérer les avancées dans la lutte contre les maladies causées par la mutation d’un seul gène. La drépanocytose, par exemple, est une maladie douloureuse et potentiellement mortelle causée par la mutation d’un gène, qui sabote la production d’hémoglobine (protéine porteuse d’oxygène dans les globules rouges). Nous travaillons en collaboration avec Sangamo Therapeutics pour nous attaquer à la cause profonde de la drépanocytose, et utiliser l’édition de gènes afin d’accroître le niveau d’hémoglobine fœtale. L’approche adoptée repose sur un outil de ciblage des gènes appelé technologie des nucléases à doigts de zinc, qui nous permet de corriger avec précision la séquence d’ADN défectueuse dans le génome.

Les anticorps monoclonaux dans la lutte contre les maladies auto-immunes : Maladie des agglutinines froides et anémie hémolytique auto-immune à anticorps chauds

Chez les personnes atteintes de la maladie des agglutinines froides (MCA), le système immunitaire de l’organisme s’attaque aux globules rouges sains, ce qui peut entraîner des problèmes de santé graves, voire mortels. Les anticorps monoclonaux (AcM) nous donnent les outils nécessaires pour aider le système immunitaire à retrouver un certain équilibre. Nos équipes évaluent notamment la possibilité de conçevoir un anticorps monoclonal capable de bloquer une protéine clé qui détruit les globules rouges dans une voie du système immunitaire : la voie classique du complément. L’anticorps est ainsi programmé pour se lier à une partie du complexe protéique du complément, ce qui, nous l’espérons, permettra de maîtriser la réponse auto-immune tout en assurant le maintien des défenses de l’organisme.

Chez les personnes atteintes d’anémie hémolytique auto-immune à anticorps chauds (AHAI-AC), les anticorps et autres cellules immunitaires détruisent les globules rouges sains plus rapidement que la moelle osseuse ne peut en produire. Avec les anticorps monoclonaux, nous espérons pouvoir lutter contre cette réponse auto-immune : afin de désactiver les auto-anticorps responsables de l’AHAI-AC, nous travaillons à la conception d’un AcM capable de se lier à une protéine à la surface des cellules immunitaires qui jouent un rôle majeur dans l’activation de la réponse auto-immune.

Petit ARN interférent (siRNA) | Hémophilie

Chez les personnes atteintes d’hémophilie, les protéines en charge de réguler la coagulation du sang sont en déséquilibre : un taux faible de protéines pro-coagulantes vient entraver la capacité de l’organisme à produire de la thrombine, protéine nécessaire à la coagulation. En nous basant sur le fait que l’organisme produit naturellement plus de thrombine lorsque le taux d’antithrombine 3 est faible, nous avons adopté une nouvelle approche visant à rééquilibrer les taux de protéines pro-coagulantes et anticoagulantes dans le sang afin de aider à prévenir prévenir les saignements. Pour réduire le niveau d’antithrombine 3, nous ciblons l’ARNm chargé d’ordonner sa production en utilisant un ‘ petit ARN interférent ’ (siRNA). Celui-ci est conçu pour intercepter la molécule d’ARNm de l’antithrombine, et de le dégrader afin d’éliminer le message avant qu’il n’atteigne la partie de la cellule en charge de la production de protéines. L’avantage de cette approche est qu’elle permet de préserver une part de la thrombine contenue dans l’organisme pour enclencher la coagulation lorsque celle-ci est requise.

Par Karin Knobe
Responsable du développement de thérapies contre les maladies rares du sang

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Références

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