Alléger le fardeau des personnes atteintes d’hémophilie



De nouveaux traitements et des recherches de pointe qui promettent une vie pleine et active aux patients

Il y a à peine cinq ans, la prise en charge efficace de l’hémophilie était synonyme de perfusions fréquentes pour éviter les saignements non contrôlés, d’une activité physique réduite pour pouvoir se préserver des blessures et, pour les adultes, de douleurs chroniques sévères causées par de multiples dommages aux articulations qui, dans certains cas, entraînaient un handicap.

Aujourd’hui, les perspectives des personnes qui vivent avec ce trouble génétique rare de la coagulation sont sensiblement meilleures. L’introduction des premiers facteurs de remplacement à demi-vie prolongée, qui font désormais partie du portefeuille de Sanofi, a marqué le point de départ d'une révolution scientifique dans la manière dont l’hémophilie est et peut être traitée.

« La communauté de l’hémophilie peut s’attendre à plusieurs bonnes nouvelles », indique Rob Peters, Responsable de la Recherche, Troubles hématologiques rares de Sanofi, qui mène des recherches sur les traitements contre l’hémophilie depuis près de 20 ans. « Les équipes de Sanofi possèdent une connaissance très approfondie du processus de coagulation et travaillent avec la communauté de l’hémophilie depuis fort longtemps, ce qui nous a permis de concevoir de nouveaux traitements qui permettent aujourd’hui aux personnes hémophiles d’avoir toutes les raisons de s’attendre à pouvoir mener une vie pleine et active. »

Vivre avec l’hémophilie

Le sang des personnes hémophiles ne coagule pas normalement et ce défaut de coagulation peut provoquer des hémorragies spontanées ou des saignements prolongés après une blessure et, au fil du temps, des douleurs et des lésions importantes aux articulations. Le traitement nécessite l’administration du facteur de coagulation manquant par voie intraveineuse. Les facteurs de coagulation sont des protéines présentes dans le sang qui lui permettent de coaguler correctement. Le traitement par facteur de remplacement est la pierre angulaire de la prise en charge de l’hémophilie, car il permet d’apporter à l’organisme ce qui lui fait défaut.

Les médicaments de substitution permettent pendant un laps de temps limité d’avoir une coagulation normale en apportant le facteur de coagulation manquant. Cette « demi-vie » détermine la fréquence à laquelle une personne hémophile doit recevoir des perfusions. Dans le cas des médicaments de substitution à brève durée d’action, cela revient à administrer plusieurs perfusions par semaine, dans le cadre d’un traitement prophylactique qui dépend du type d’hémophilie un fardeau lourd à porter pour les patients.

C’est pour cette raison que la mise sur le marché des traitements à demi-vie prolongée de Sanofi a été perçue comme un premier progrès significatif dans la prise en charge de l’hémophilie depuis près de 20 ans. Ces médicaments restent dans la circulation sanguine plus longtemps que les facteurs de remplacement standards parce que Rob Peters et son équipe ont réussi à optimiser la technologie des protéines de fusion Fc à l’échelle moléculaire, ce qui signifie que les doses peuvent être espacées. Sanofi continue d’étudier ces traitements dans le but de développer d’autres méthodes qui pourraient améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’hémophilie.

De nouvelles approches à l’horizon

Aujourd’hui, la volonté indéfectible de Rob Peters d’améliorer la prise en charge de l’hémophilie le pousse, avec ses collègues de Sanofi, à continuer de rechercher de nouveaux types de traitement contre cette maladie. Leur portefeuille inclut des médicaments dotés de différents mécanismes d’action qui ont le potentiel de répondre à plusieurs besoins non pourvus dans ce domaine thérapeutique.

L’un de ces traitements expérimental est le BIVV001, un nouveau facteur VIII recombinant conçu pour étendre la protection contre les saignements au moyen d’un dosage prophylactique une fois par semaine chez les personnes atteintes d’hémophilie A. Les résultats cliniques précoces montrent qu’une seule dose de 65 UI/kg présente une demi-vie moyenne de 43 heures, significativement plus élevée que la demi-vie approximative du facteur VIII conventionnel, et qu’elle permet d’obtenir une activité moyenne du facteur de 17% par rapport à la normale, sept jours après la perfusion.

« Avant, les régimes prophylactiques de l’hémophilie A s’efforçaient de maintenir un taux d’activité de 1 %, à raison de trois ou quatre perfusions par semaine, ce qui a considérablement amélioré les résultats cliniques. Mais nous nous rendons compte aujourd’hui que des saignements subcliniques au niveau des articulations peuvent se produire lorsque les personnes sont en-dessous du seuil de 15 % », explique Rob Peters. « C’est formidable de voir qu’avec le BIVV001, nous pouvons à la fois réduire la fréquence des traitements tout en améliorant le niveau de protection. »

Le Fitusiran, un autre médicament expérimental, agit de manière complètement différente. Plutôt que de remplacer les facteurs de coagulation défaillants, le Fitusiran « neutralise » la production d’une protéine qui inhibe les facteurs de coagulation. Le Fitusiran est conçu pour rééquilibrer l’hémostase des patients hémophiles et permettre la production de suffisamment de thrombine pour empêcher les saignements. En phase de développement avancé, le Fitusiran est un nouveau traitement fondé sur l’interférence de l’ARN qui a le potentiel de traiter l’hémophilie A et B, avec ou sans inhibiteur, à raison d’une injection sous-cutanée par mois.

« Le Fitusiran agit différemment pour atteindre le même but que les facteurs de remplacement : augmenter l’activité pro-coagulante pour éviter les saignements », explique Rob Peters.

Dans les laboratoires

Les chercheurs de Sanofi travaillent également sur des thérapies géniques qui pourraient changer la manière dont l’organisme des patients est « programmé », afin de l’amener à produire les facteurs de coagulation nécessaires. Cette nouvelle approche fait appel à un lentivirus (une catégorie de rétrovirus) comme vecteur pour apporter au patient l’ADN du facteur qui lui manque.

« Il s’agit de pratiquer une injection pour que le vecteur viral aille dans le foie et que les cellules commencent à exprimer le facteur de coagulation », explique-t-il. « Le but est d’obtenir l’expression du facteur de manière permanente afin que l’organisme puisse continuer de produire les facteurs de coagulation qu’il était auparavant dans l’impossibilité de produire. »

Cette modalité ne verra pas le jour en clinique avant de nombreuses années, mais nous disposons déjà de données d’études de laboratoire qui montrent qu’elle pourrait fonctionner, en particulier chez l’enfant qui ne peut bénéficier actuellement des thérapies géniques. De plus amples études sont prévues.

« Nous essayons d’améliorer le traitement de référence de l’hémophilie grâce à nos facteurs de remplacement à demi-vie prolongée et, parallèlement, de développer de nouvelles approches et modalités et, pourquoi pas, des traitements curatifs. Le défi est de taille mais nous sommes prêts à relever », conclut Rob Peters.